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L’installation et la transmission, challenge des 10 années à venir ?

Synthèse de l’atelier du 19 janvier 2017 « 50% des exploitations agricoles à transmettre dans les 10 ans à venir, opportunité pour une maîtrise d’usage durable des sols ? »

Entre le défi du renouvellement de près de cinquante pour cent  de la profession agricole au cours des dix prochaines années d’une part et d’autre part la prise de conscience de la nécessité de préserver les sols agricoles, les acteurs agricoles semblent évoluer entre pessimisme et optimisme. L’érosion de 30% de l’emploi agricole au cours de la décennie a profondément renforcé les enjeux d’une profession agricole complètement démoralisée par les crises économiques successives qui s’abattent sur elles entre prix d’achat de la grande distribution, fin des quotas, grippe aviaire et autres scandales sanitaires. Les acteurs sont eux, définitivement beaucoup plus optimistes. Et les leviers d’action se multiplient.

Car avec la nouvelle génération qui s’annonce de Schéma de Cohérence Territoriaux (SCoT) et de Plan Locaux d’Urbanisme (PLU) actuellement en cours d’élaboration, l’urbanisation devra désormais attendre, se réinventer et se condenser sur elle-même. Et pendant ce laps de temps, se préfigurent dans les territoires des outils réglementaires plus puissants encore, comme les Zones Agricoles Protégées (ZAP) ou les de protection et de mise en valeur des espaces agricoles et naturels périurbains dits PAEN, des statuts de plus en plus recherchés par les acteurs locaux grâce à leur capacité à sanctuariser les terres, bien au-delà de la durée du PLU.

C’est sur cette voie notamment que s’engagent plusieurs parcs naturels régionaux (PNR), comme le Parc du Pilat ou celui du Lubéron. Diagnostic agricole et foncier, élaboration de la stratégie, définition de plans d’action visant à sécuriser le foncier permettent de réinventer des modes d’intervention qui conjuguent avec l’outil réglementaire les interventions de notaires, de juristes, pour sécuriser la transmission du foncier ou encore remobiliser un foncier délaissé en raison de son manque d’atouts pour l’agriculture.

Les territoires ne reculent plus, non plus, devant la diversité d’outils d’intermédiation qui s’offrent à eux pour mettre en contact cédants et porteurs de projets, convaincre les premiers de l’intérêt du projet, dépasser les résistances : mobilisation des cédants plusieurs années avant la cession, speed datings, et surtout commissions locales d’installation viennent compléter un arsenal d’outils qui réinventent l’action de la collectivité qui avait mis de côté son rôle dans la structuration de son activité et de ses paysages agricoles.

La grande nouveauté de l’époque réside néanmoins dans l’évolution du profil du producteur, qui dans dix années sera sensiblement différente de celle connue aujourd’hui : jusqu’ici affaire de famille, l’agriculture se développe de plus en plus hors cadre familial. Avec l’émergence de la solution au travers de ces néo-ruraux, qui ne sont certes pas un phénomène nouveau, mais dont l’ampleur pourrait bien être radicalement différentes des vagues d’installations des années 60 et 70, en raison même de l’ampleur du renouvellement de la profession attendu dans les dix ans. Une connaissance très précieuse est donc désormais à partager, celle de ces territoires qui ont expérimenté ces installations différentes, su dépasser les difficultés inhérentes au cadre hors familial et à un projet agricole pas toujours complètement maîtrisé.

L’occasion, peut être aussi, de capitaliser un savoir-faire pour l’avenir, car serons-nous toujours, demain, paysan pour la vie ?


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