Agriculture biologique,
Protection de l'eau et territoires

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Communauté de communes de la région de Château-Thierry

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Le territoire du contrat global pour l’eau de la région de Château-Thierry

La Communauté de communes de la région de Château-Thierry a manifesté dès 2002 sa volonté d’agir en faveur de la préservation des milieux aquatiques et de l’amélioration des aspects quantitatifs des eaux de son territoire. Cette démarche contractualisée avec l’Agence de l’eau Seine-Normandie est matérialisée par la signature en 2010 d’un Contrat Global pour l’Eau (CGE), signé par 37 partenaires à l’échelle du bassin versant. Un nouveau contrat est à l’étude pour la période 2017-2022. Pour atteindre les objectifs du contrat, un panel d’actions est mis en œuvre pour assurer le développement de la surface en agriculture et viticulture biologique.

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Carte


Projet

Carte d'identité

Territoire

Territoire du Contrat Global pour l’Eau composé de la Communauté de communes de la région de Château-Thierry (25 communes – 31 500 habitants) ainsi que 4 autres communes. 14 de ces communes sont en AOC Champagne

Agence de l’eau Seine-Normandie (AESN)  ● Région Hauts-de-France (02)

Superficie : 38 500 ha

 

Enjeu eau

Contexte réglementaire : captage prioritaire

Cadres d’action mobilisés : Aire d’Alimentation de Captages (AAC) ● Contrat global pour l’eau ● LEADER

Site Pilote Eau & Bio (2010)

Enjeu : préservation et reconquête de la qualité de l’eau potable (nitrates et pesticides)

Masse(s) d’eau concernée(s) : eaux de surface (en projet) et eaux souterraine (nappe alluviale, calcaires du lutétien et sables du cuisien)

Situation des communes desservies par les champs captants : à l’intérieur et en dehors des champs captants

 

Caractéristiques agricoles

Productions dominantes : grandes cultures et viticulture

Surface agricole utile (SAU) : 15 000 ha dont 120 ha en bio (pour 8 agriculteurs bio), soit 0.8% de la SAU en bio en 2016

 

Mots-clés

Circuits de proximité ● bail rural environnemental ● zéro phyto ● restauration collective

Actions mises en œuvre

INTRODUCTION

La Communauté de communes de la région de Château-Thierry a manifesté dès 2002 sa volonté d’agir en faveur de la préservation des milieux aquatiques et de l’amélioration des aspects quantitatifs des eaux de son territoire. Cette démarche contractualisée avec l’Agence de l’eau Seine-Normandie est matérialisée par la signature en 2010 d’un Contrat Global pour l’Eau (CGE), signé par 37 partenaires à l’échelle du bassin versant. Un nouveau contrat est à l’étude pour la période 2017-2022. Pour atteindre les objectifs du contrat, un panel d’actions est mis en œuvre pour assurer le développement de la surface en agriculture et viticulture biologique.

FONCIER-INSTALLATION

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Des baux ruraux environnementaux ont été mobilisés sur 18 ha dans 2 aires d’alimentation de captages sur des terres acquises par une commune et un syndicat d’eau potable. Ces baux ont permis à un jeune polyculteur-éleveur biologique de s’installer sur une surface supérieure (15 ha) et l’installation d’un maraîcher biologique sur 3 ha. Parallèlement à cette installation, une AMAP a été créée sur le territoire.

D’autre part, un bilan des opportunités foncières et une sensibilisation des élus ont été réalisés dans le cadre de diagnostics communaux. Une veille technique est également en place avec Terre de Liens et l’association Agriculture Biologique en Picardie (ABP) avec pour objectif l’installation de producteurs en agriculture biologique. Deux appels à projet pour l’installation de maraîchers ont pu être lancés dont un en cours.

Les porteurs de projet souhaitant s’installer en agriculture biologique sont soutenus par la collectivité, notamment par la communication des opportunités foncières, la mise en relation avec les organismes compétents d’appui à l’installation et sont également accompagnés pour le développement de leurs débouchés en restauration collective.

ACCOMPAGNEMENT DES CHANGEMENTS DE PRATIQUES AGRICOLES

Une communication est réalisée auprès des agriculteurs sur l’agriculture biologique (réunions de présentation et d’information). Des événements de sensibilisation, de formation, de conseil ont également eu lieu sans pour autant être inclus dans un plan de développement de l’agriculture biologique : dispositif Vignes bio ouvertes, démonstrations techniques autour du désherbage mécanique, visites de fermes.

DIALOGUE TERRITORIAL

Débutée en 2011, une première tentative de construction collective d’une grille d’analyse des enjeux et d’un plan d’action pour le développement de l’agriculture biologique n’a pas abouti. Cependant, elle a permis d’engager un dialogue entre collectivités et monde agricole, de mener des actions de sensibilisation (témoignages, visites) et des diagnostics de conversion.

En 2015, un audit patrimonial a été conduit par la profession agricole et AgroParisTech. Il a mis en évidence la nécessité de mettre en place des outils de dialogue entre la profession agricole et la société civile et de développer des moyens de soutenir les pratiques agricoles vertueuses.

En 2016, la préparation du contrat 2017-2022 aura pour objectif la construction d’un plan d’actions concerté qui permettra notamment de réduire les intrants en priorité sur les aires d’alimentation des captages. Y sont associés l’ensemble des partenaires : collectivités responsables de l’alimentation en eau potable, organismes agricoles, financeurs.

DISPOSITIFS D’AIDES FINANCIÈRES

Le Contrat Global pour l’Eau a permis de financer un poste à la Chambre d’Agriculture dédié prioritairement aux AAC ainsi qu’à l’Union des Services d’Eau du Sud de l’Aisne. Les Mesures agro-environnementales territorialisées (MAEt) puis les MAEC  ont été mobilisées depuis 2009 sur l’AAC d’Epaux-Bézu. Le PVE (Plan Végétal pour l’Environnement) puis le PCAE (Plan de Compétitivité et l’Adaptation des Exploitations), dont la Communauté de Communes est co-financeur ont permis l’achat de matériel agricole permettant d’éviter les traitements chimiques. 2 agriculteurs biologiques ont pu bénéficier de cette aide.

STRUCTURATION DES DÉBOUCHÉS

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En 2007, la Communauté de Communes de la Région de Château-Thierry a mené une étude de faisabilité du développement de filières courtes favorisant la préservation de la ressource en eau, basée en particulier sur l’analyse du rôle possible de la restauration collective publique.

Les principaux résultats de l’étude montrent qu’un seul label est utilisable en marchés publics avec l’assurance de l’impact minime sur la ressource en eau : l’agriculture biologique. La seule restauration collective correspond à une faible surface de production : il faut multiplier les débouchés pour prétendre à une efficacité vis-à-vis de la préservation de l’eau.

La collectivité s’est alors engagée dans un projet sur 3 ans (2011-2013) de développement des filières courtes à faible impact sur l’environnement, avec pour objectif d’assurer un débouché aux agriculteurs s’engageant dans des pratiques respectueuses de l’environnement et notamment en agriculture biologique.

Dans ce cadre, un projet pilote d’accompagnement de structures de restauration hors domicile a été mis en œuvre, avec une volonté d’introduction des produits issus de filières courtes à faible impact sur l’environnement dans la restauration collective notamment.

Un accompagnement est actuellement proposé aux structures de restauration collective, une sensibilisation des convives et des parents ainsi qu’une opération de lutte contre le gaspillage alimentaire. Ce travail a été initié sur trois sites de restauration collective, différents de par leurs effectifs et leur fonctionnement (crèche, cuisine centrale municipale de Château-Thierry, collège, soit environ 1700 repas par jour au total).

Depuis 2011, les crèches se sont engagées dans une démarche d’amélioration de la qualité des repas proposés aux enfants. Cette dynamique est en marche grâce à l’implication de l’ensemble du personnel : cuisiniers, responsables de structure, puéricultrices etc. Une commission dédiée se réunit toutes les 6 semaines pour construire les menus. Outil participatif, ce temps d’échange permet d’évoquer les freins, les difficultés et les points positifs de cette évolution. Des formations ont également été proposées afin d’accompagner les personnes travaillant de près ou de loin pour la restauration. Recettes innovantes, saisonnalité, qualité et origine des produits sont des réflexions quotidiennes de l’équipe.

D’autres collectivités bénéficient ou ont bénéficié de cet accompagnement : une commune sur la rédaction de son marché de délégation de service public pour la livraison de repas, une commune sur l’opération « un fruit à la récré » ainsi que les collèges ou lycées en ce qui concerne la mise en relation avec les producteurs biologiques.

D’autre part, en collaboration avec l’association Agriculture Biologique en Picardie, des formations ont été proposées à tous les restaurants collectifs du Sud de l’Aisne sur l’introduction de produits biologiques, l’équilibre nutritionnel, la cuisine alternative…

Les résultats sont les suivants dans les sites pilotes :

  • 10% de produits bio à la cuisine centrale municipale en 2014

  • 15% de produits bio à la crèche en 2014 (dont 5% de produits bio locaux) et 12% en 2015

  • 5% de produits biologiques au collège Jean Rostand en 2014

Les parts d’introduction de produits biologiques sont soumises à des variations en fonction des années, dépendante de plusieurs facteurs comme les changements de cuisiniers ou de gestionnaires, la baisse de l’offre locale, les évolutions des prix, etc.

Depuis peu, une structure intermédiaire privée a été créée. Elle joue le rôle de plateforme physique et permet l’approvisionnement en produits biologiques locaux des structures de restauration collectives ainsi que la coordination des acteurs.

COMMUNICATION – SENSIBILISATION

  • Une sensibilisation des élus locaux et agents des collectivités locales sur la politique de l’eau est effectuée via des réunions, des voyages d’études (Lons-le-Saunier, Charleville-Mézières…) et la participation à divers colloques sur l’eau, l’agriculture biologique, le foncier et la santé.

  • Les manifestations publiques ou auprès des élus organisées par la CCRCT se font désormais toujours avec des produits bio ou locaux. Par exemple, des repas réalisés à partir de produits biologiques locaux et préparés par la cuisine centrale de Château-Thierry sont également proposés lors d’événements (visite d’élus d’autres territoires, formations d’agents, classe d’eau d’élus …). Ces repas sont l’occasion de sensibiliser à la consommation de produits biologiques issus de l’agriculture locale.

  • Le grand public est aussi sensibilisé au travers de plusieurs événements (conférences-débats, cinés-débats, création de recettes biologiques locales) ainsi que les scolaires via une animation dédiée (« DD met les pieds dans le plat ») et des animations ponctuelles.

ACTIONS NON-AGRICOLES

Les communes sont accompagnées par l’Union des Communautés de Communes du Sud de l’Aisne pour la mise en place d’une gestion sans produit phytosanitaire de leurs espaces publics. Des ateliers de jardinage agroécologique sont organisés par le syndicat d’eau pour les particuliers situés sur une aire d’alimentation de captage, et un jardin partagé en pied d’immeuble sans produit phytosanitaire a été initié par la ville de Château-Thierry.

Gouvernance

Monde agricole Collectivités Experts et organismes publics Population et associations
Chambre d’agriculture de l’Aisne
Agriculture biologique en Picardie
Syndicats agricole et viticole
FRAB Champagne-Ardenne (vignes)
COPASOL
UCCSA (Union des Communautés de Communes du Sud de l’Aisne)
Communautés de Communes du Sud de l’Aisne
USESA (Union des Services d’Eau du Sud de l’Aisne)
Communes
Conseil Régional de Picardie
Conseil départemental de l’Aisne
DRAAF
Agence de l’eau Seine-Normandie
Vie et Paysages
Terre de liens

 

Éléments financiers

  • Un poste développement des filières à faible impact sur l’environnement financé à 50% par l’AESN, 20% par les fonds LEADER et 30% par les Communautés de Communes du territoire
  • Moyenne de 6000€ / an d’investissements de la part de la CCRCT dans l’achat de matériel agricole dans le cadre du PCAE
  • Zéro phyto dans les espaces publics : poste financé à 50% par l’AESN et 30% par le Conseil Régional de Picardie

Résultats

  • Jusqu’à 15% de produits biologiques en restauration collective (à la crèche, à Château-Thierry)
  • Émergence de porteurs de projet sur le territoire (sur la structuration des filières, la transformation, etc.)
  • Dynamique qui s’étend progressivement sur les filières courtes à faible impact sur l’environnement aux territoires alentours : projet pilote à l’échelle de la région et implication de territoires voisins. Les 5 communautés de communes sont engagées dans des contrats globaux pour l’eau qui mentionnent le projet « développement de filières courtes à faible impact sur l’environnement ».

Facteurs de réussite

  • Entrée transversale et multi-partenariale via le CGE (jardins en pied d’immeuble, accompagnement de particuliers en jardinage bio, études « trame verte et bleue », techniques alternatives dans les communes, démonstrations de matériel agricole et viticole)
  • Importants moyens humains spécialisés sur ces thématiques (agricoles, espaces publics, filières courtes…)
  • Travail en concertation avec l’ensemble des acteurs concernés
  • Présence d’opérateurs de filières courtes (magasin de produits locaux biologiques) et de filières longues, plusieurs coopératives présentes sur la zone (Acolyance, Agriculture biologique, Biocer) et quelques débouchés locaux déjà existants: 2 boulangeries avec une gamme bio, 2 magasins spécialisés, 1 point de vente directe, un marché bio mensuel)
  • Cohérence des politiques publiques territoriales : exemple du Plan climat énergie territorial dont une des pistes identifiées dans le volet agricole concerne la réduction des intrants chimiques

Difficultés rencontrées

  • Connaissance approfondie du territoire requise
  • Volonté de travailler avec une multiplicité d’acteurs qui n’ont pas les mêmes objectifs
  • Nécessité de travailler à la fois sur l’offre et la demande (circuits de proximité)

Perspectives

  • A court terme, utiliser les leviers à disposition des collectivités : permettre le développement de l’agriculture biologique en mobilisant du foncier et en assurant des débouchés via la restauration collective (articulation entre offre et demande et accentuation sur la structuration des approvisionnements).
  • A moyen et long terme, amplifier les partenariats pour étendre la dynamique : contribuer à construire des filières, sensibiliser l’ensemble des élus et des professionnels à l’agriculture biologique, inciter les agriculteurs conventionnels à mettre en œuvre des pratiques alternatives pour réduire les intrants (protection intégrée : semis tardifs, variétés adaptées, développement des auxiliaires, etc), ce qui constitue une étape de transition essentielle.
  • La recherche de financements innovants alternatifs aux MAEC.
  • La coordination avec les coopératives agricoles.

C’est à refaire

  • Accompagner les structures de restauration collective dans l’évolution de leurs pratiques
  • Inciter les collectivités à travailler sur la thématique foncière

Contacts

Bénédicte GREFF • Chargé de mission alimentation durable • Communauté de communes de la région de Château-Thierry • benedicte.greff[at]ccrct.fr

Sébastien LAUNAIS • Chargé de mission alimentation durable • Communauté de communes de la région de Château-Thierry • sebastien.launais[at]ccrct.fr

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