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Communauté de Communes du Pays Fouesnantais

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Le bassin versant SAGE Sud Cornouaille

Situé en Sud Finistère, le territoire est marqué par une forte emprise maritime que ce soit au niveau du périmètre du Schéma d’Aménagement et de Gestion de l’Eau (SAGE) Sud Cornouaille, des bassins versants « algues vertes » et de la Communauté de communes. Les principales activités économiques qui en découlent sont l’agroalimentaire, le tourisme la conchyliculture, le nautisme. L’agriculture, notamment les systèmes de polyculture élevage, demeure une activité importante. La production de légumes « industriels » constitue une autre spécificité du territoire.

La préservation de la qualité de l’eau et des milieux est donc un enjeu primordial pour le maintien de ces activités. Une attention particulière est portée sur la gestion de la ressource en eau ainsi que sur le traitement des eaux usées du fait de la multiplication par quatre de la population en été.

Une politique volontariste de reconquête de la qualité de l’eau est mise en place depuis la fin des années 90 à travers différents dispositifs tels que les opérations « bassins versants », le SAGE, le Plan de lutte contre les algues vertes, Natura 2000….

L’un des principaux leviers d’action consiste à promouvoir une agriculture durable et notamment l’agriculture biologique. À ce titre, un objectif de 10% de la Surface Agricole Utile (SAU) en Bio a été fixé.

Depuis 2010, une équipe pluridisciplinaire en régie a été constituée afin d’apporter un conseil au quotidien auprès des agriculteurs, des particuliers, des élus locaux.

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Carte


Projet

Carte d'identité

Territoire

Communauté de communes du Pays Fouesnantais ● 7 communes ● 28 000 habitants

Agence de l’eau Loire-Bretagne (AELB) ● Région Bretagne (29)

Superficie du sous bassin versant algues vertes : 12 717 ha

 

Enjeu eau

Contexte réglementaire : Plan Algues Vertes ● 2 captages dont 1 Grenelle

Cadres d’action mobilisés : Contrat de SAGE « Sud Cornouaille » ● Schéma de Cohérente Territoriale (SCoT) ● Natura 2000 ● Gestion Intégrée des Zones cCières (GIZC)

Site Pilote Eau & Bio (2015)

Enjeu : reconquête de la qualité des eaux (nitrates, phosphore, phytosanitaires, bactério) ● préservation des milieux aquatiques et naturels ● conciliation des milieux et des usages littoraux ● quantitatifs (disponibilité de la ressource, lutte contre l’érosion et le ruissellement, gestion des risques naturels liés à l’eau)

Masse(s) d’eau concernée(s) : eau de surface ● eau souterraine ● eau côtière

Situation des communes desservies par le champ captant : à l’intérieur du champ captant et hors du champ captant

 

Caractéristiques agricoles

Productions dominantes : élevage ● grandes cultures

Surface agricole utile (SAU) du bassin algues vertes : 6514 ha dont 269 ha de SAU bio en ha (pour 9 agriculteurs bio) soit 4,1 % de SAU en bio

 

Mots-clés

Conversion ● circuits de proximité ● dialogue territorial ● échanges fonciers ● restauration collective ● zéro phyto ● aides incitatives ● filières territorialisées ● équipe pluri disciplinaire en régie

Actions mises en œuvre

INTRODUCTION

Des activités économiques dépendantes d’une eau de qualité

Situé en Sud Finistère, le territoire est marqué par une forte emprise maritime que ce soit au niveau du périmètre du Schéma d’Aménagement et de Gestion de l’Eau (SAGE) Sud Cornouaille, des bassins versants « algues vertes » et de la Communauté de communes. Les principales activités économiques qui en découlent sont l’agroalimentaire, le tourisme la conchyliculture, le nautisme. L’agriculture, notamment les systèmes de polyculture élevage, demeure une activité importante. La production de légumes « industriels » constitue une autre spécificité du territoire.

La préservation de la qualité de l’eau et des milieux est donc un enjeu primordial pour le maintien de ces activités. Une attention particulière est portée sur la gestion de la ressource en eau ainsi que sur le traitement des eaux usées du fait de la multiplication par quatre de la population en été.

SAGE, Plan algues vertes : outils de lutte contre les pollutions diffuses

Une politique volontariste de reconquête de la qualité de l’eau est mise en place depuis la fin des années 90 à travers différents dispositifs tels que les opérations « bassins versants », le SAGE, le Plan de lutte contre les algues vertes, Natura 2000, etc.

L’un des principaux leviers d’action consiste à promouvoir une agriculture durable et notamment l’agriculture biologique. À ce titre, un objectif de 10% de la Surface Agricole Utile (SAU) en agriculture biologiue a été fixé.

Depuis 2010, une équipe pluridisciplinaire en régie a été constituée afin d’apporter un conseil au quotidien auprès des agriculteurs, des particuliers, des élus locaux.

Vers une économie circulaire

Leurs actions s’inscrivent dans une véritable logique d’économie circulaire dont l’objectif est de passer d’un modèle de réduction d’impact à un modèle de création de valeur, positive sur un plan social, économique et environnemental. Fortes de leurs expériences, du soutien qu’elles ont auprès des acteurs locaux (associations environnementales, agriculteurs…) et devant la demande croissante des consommateurs, les collectivités concernées par le SAGE ont décidé de passer un cap en travaillant désormais sur la valorisation économique des produits locaux issus des démarches de qualité.

DIALOGUE TERRITORIAL

Les élus ont voulu établir un véritable contrat de confiance avec le monde agricole en étant à leur écoute et en proposant les outils techniques et financiers pouvant les accompagner.

En 1999, une commission professionnelle a été mise en place. Celle-ci n’étant pas représentative des agriculteurs locaux, les élus ont réuni l’ensemble des agriculteurs du territoire afin de proposer aux volontaires de créer un groupe de travail et de devenir force de proposition dans le programme. Le Groupement d’Agriculteurs Référents (GAR) a ainsi vu le jour en 2009.

Les élus ont en outre proposé à ces derniers de se structurer pour être représentés dans les instances officielles (Commission Locale de l’Eau – CLE)  et l’association des Agriculteurs Sud Cornouaille (ASC) s’est constituée en 2012. L’ensemble des agriculteurs (GAR et ASC) peut participer à toutes les commissions thématiques mises en place dans le cadre du SAGE.

ACCOMPAGNEMENT DES CHANGEMENTS DE PRATIQUES AGRICOLES

Cellule municipale d’animation agricole

Au démarrage des programmes, les communautés de communes payaient une prestation à la Chambre d’Agriculture pour accompagner techniquement les exploitants. Afin de plus s’impliquer sur le terrain et d’être au plus proche des agriculteurs, un animateur agricole a été recruté en 2009. Il accompagne les agriculteurs :

  • diagnostic d’exploitation,
  • conseil agronomique,
  • animation collective (expérimentations de nouveaux matériels, de référentiels locaux, démonstrations, formations).

Au bout de deux ans, devant les sollicitations accrues des exploitants, la cellule a été renforcée (recrutement d’un deuxième technicien).

La présence d’un animateur agricole sur le terrain permet :

  • d’établir une relation de confiance entre l’agriculteur, les professionnels agricoles et la collectivité.
  • une disponibilité et une réactivité accrue auprès des agriculteurs et adaptée au calendrier des cultures.

Pour des actions plus techniques (démonstrations, formations, expertises….), les collectivités font appel à des prestataires.

Animation collective

Une animation collective est réalisée afin d’impliquer l’ensemble des professionnels agricoles gravitant autour des exploitants (Entreprises de Travaux Agricoles – ETA, Coopérative d’Utilisation du Matériel Agricole – CUMA, prescripteurs, organismes de conseils…) : formation aux objectifs du programme et aux dispositifs qui en découlent, animation d’une dynamique collective afin de favoriser les échanges entre les exploitants.

Dans le cadre du plan « algues vertes » (PAV), un partenariat a été mis en place avec les organismes de conseil agricole (dont le Groupement des Agriculteurs Biologiques du Finistère – GAB 29) dont les engagements sont formalisés dans une convention cadre. Les collectivités assurent donc la coordination de leurs interventions sur le territoire.

D’autres actions plus techniques et s’adressant directement aux agriculteurs sont également menées sur le territoire :

  • organisation de formations,
  • mise en place de démonstrations et de parcelles d’essai,
  • mise en place d’un réseau agronomique local,
  • organisation d’expérimentions (binage mécanique sur maïs).

De même, il est prévu l’organisation de portes ouvertes chez les exploitants avec le personnel des restaurants collectifs afin d’améliorer les connaissances de l’amont et de l’aval des filières d’approvisionnement.

Accompagnement individuel technique

Le souhait, partagé avec la profession agricole est que chaque exploitation fasse évoluer son système et ses pratiques, y compris vers l’agriculture biologique, afin de permettre l’atteinte des objectifs globaux à l’échelle du territoire.

L’accompagnement de l’agriculteur s’organise de la manière suivante :

  • la réalisation d’un diagnostic initial réalisé en régie par la collectivité,
  • la définition et la mise en œuvre du projet individuel réalisé par les organismes de conseil agricoles (signataires de la convention cadre précédemment citée).

Par ailleurs, un suivi annuel d’indicateurs est réalisé en régie par la collectivité pour suivre l’évolution de l’agriculteur dans ces changements de pratique et échanger avec lui sur les difficultés qu’il peut rencontrer.

Afin d’optimiser les échanges de données entre la collectivité et les organismes de conseil, un extranet a été mis en place dans lequel est archivé l’ensemble des données par exploitant.

Formation bio et expérimentations

En 2016 sera créée une formation qualifiante BPREA polyculture élevage orientation bio, labellisée par le Ministère en partenariat avec le lycée agricole de Bréhoulou à Fouesnant, le Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole (CFPPA) d’Hanvec et le Groupement des Agriculteurs Biologiques du Finistère (GAB 29). L’objectif est d’utiliser cette plateforme technique du lycée afin de la convertir en agriculture biologique pour réaliser des essais et récolter des références pour les paysans bio en place et le transfert de pratiques.

DISPOSITIFS D’AIDES FINANCIÈRES

Au-delà de cet accompagnement technique et des Mesures Agro-Environnementales (MAE) ouvertes, les collectivités ont mis en place durant l’année 2006, un dispositif financier d’aides directes à l’agriculture (aide aux changements de pratiques et à l’acquisition de matériel). Ce dispositif fonctionnait comme les MAE où le financement état assuré à 50% par les collectivités pour les différentes mesures. L’aide sur le matériel était également financée à 100% par les collectivités et le plafond était de 40% du montant de l’investissement. L’ensemble des agriculteurs pouvaient y prétendre. Si l’ensemble des mesures allait dans le sens des diminutions d’intrants, elles n’étaient pas exclusivement destinées aux agriculteurs biologiques.

FONCIER

Vers des échanges parcellaires

Quatre actions ont été définies pour favoriser le développement des échanges parcellaires :

  • une animation spécifique auprès des agriculteurs,
  • la mise en place d’une cellule d’animation foncière locale,
  • la constitution d’une réserve foncière,
  • l’exonération de la taxe foncière aux propriétaires qui louent leurs terres à des agriculteurs mettant en œuvre des systèmes à basses fuites de nutriments et notamment les exploitants en bio.

L’ensemble de ces actions doit être formalisé dans une convention, l’objectif étant d’entrer dans la phase opérationnelle en 2015.

Il s’agira :

  • Pour les collectivités de :
    • mettre en place une cellule foncière locale dont elles délègueront la maîtrise d’ouvrage pour l’animation à la Chambre d’Agriculture,
    • constituer une réserve foncière en partenariat avec la Société d’Aménagement Foncier et d’Établissement Rural (SAFER) dès que les opportunités se présenteront.
  • Pour la Chambre d’Agriculture, d’assurer la maîtrise d’ouvrage de l’animation auprès des agriculteurs. À ce titre, elle réalisera une base de données cartographiques, mise à jour annuellement, recensant l’ensemble des parcelles potentiellement échangeables à partir des informations issues des diagnostics individuels transmises par le porteur de projet. Elle permettra d’identifier les secteurs du bassin versant où les aspects fonciers sont les plus prioritaires (évolution de systèmes, amélioration de pratiques, préservation /reconquêtes de zones tampons naturelles).
Réimplantation d’une activité agricole bio sur des friches littorales

La commune de Moëlan-sur-Mer située en dehors du périmètre « algues vertes » a initié en 2014 un projet de remise en valeur, en 5 ans, de 150 ha de parcelles de friches littorales pour y réimplanter une activité agricole, principalement de l’agriculture biologique. L’ensemble de la démarche se fait en concertation avec les propriétaires. Massivement positionnés en faveur du projet d’agriculture biologique, ils vont mettre leurs terres à la disposition d’une Association syndicale foncière gérée par la commune.

Le projet est actuellement en phase de zonage et de concertation avec les acteurs concernée (Conseil Départemental du Finistère, Conservatoire du littoral, Chambre d’Agriculture, GAB 29, propriétaires).

STRUCTURATION DES DEBOUCHES

Il s’agit de promouvoir les produits issus des exploitations engagées dans la reconquête de la qualité de l’eau.

Les collectivités se sont engagées dans la Charte de territoire à introduire 40% de produits issus de ces exploitations (dont au moins 20% en AB) dans la restauration collective pour 2015.

Des initiatives publiques et privées qui se multiplient
  • Concarneau Cornouaille Agglomération (CCA) a lancé une réflexion sur l’achat durable dans le cadre de l’engagement pris dans le contrat de territoire de promouvoir auprès de ses communes la mise en place de clauses environnementales et d’insertion dans les marchés publics.
  • La commune de Concarneau a engagé une réflexion sur les circuits courts alimentaires en 2011, associant divers services (Education/Animation, Développement Durable, Commerce/Tourisme, et Achats/Commande Publique). La commune a également la volonté de mener une réflexion globale sur la mise en place d’une plateforme de producteurs pour fournir la restauration collective.
  • Les établissements publics locaux s’approvisionnent de plus en plus en produits locaux : 76% des établissements enquêtés distribuent 75% des produits sous label et 50% de produits issus de l’agriculture biologique.
  • L’Etablissement et Service d’Aide par le Travail (ESAT) de Cornouaille a pour projet de développer un atelier supplémentaire de légumerie qui pourrait approvisionner sa cuisine centrale, d’autres cuisines et collectivités. La cuisine centrale de Concarneau (1100 repas/j) et le Symoresco (1100 repas/j) ont déjà manifesté leur intérêt pour l’écoulement des produits.
  • La Communauté de Communes du Pays Fouesnantais gère deux structures d’accueil petite enfance sur son territoire. Dans l’une d’elle, depuis 2007, un cuisinier réalise les repas sur place (avec des produits frais, de saisons). Une liaison chaude a été mise en place en 2010 afin de servir les mêmes repas dans l’autre structure. Les produits biologiques ont progressés pour arriver à ce jour à une proportion de 90% des aliments, à budget maîtrisé. Des jardins potagers existent également dans les deux structures.

Les initiatives privées se développent également :

  • Création d’un magasin de producteurs en circuit-court en 2014 à St Evarzec.
  • Ouverture d’une boucherie par un exploitant biologique en 2013 sur la commune de Pleuven. Devant le succès de sa démarche, il a en projet d’ouvrir une autre boutique à Bénodet.
  • Projet de laboratoire de découpe de viande destinée à la vente directe sur Concarneau

Ces démarches individuelles et multiples illustrent le potentiel de demande en produits locaux sur le territoire mais démontrent néanmoins la nécessité d’une structuration de la filière pour optimiser et pérenniser son développement.

Promotion des circuits courts auprès du grand public
  • Création, sur le site internet du SAGE, d’une carte interactive indiquant l’ensemble des points de vente sur le territoire.
  • Communications via les outils multimédia des collectivités.
Développement des filières bio locales

Quatre agriculteurs biologiques s’associent à deux brasseries locales afin de produire de l’orge brassicole.

Une réflexion entre l’ensemble des acteurs locaux (agriculteurs, brasseurs, collectivités) est en cours afin de structurer cette filière, s’appuyant notamment sur le travail réalisé par le Pays de St-Brieuc sur une étude de faisabilité d’une malterie. Cette unité pourrait également servir aux industries biscuitières nombreuses sur le territoire.

Par ailleurs, un appui est apporté aux porteurs de projets locaux, notamment les magasins pour l’approvisionnement local, via la mise en relation avec les agriculteurs locaux.

ÉVALUATION – SUIVI

Depuis plusieurs années, un suivi de la qualité de l’eau est mené sur l’ensemble du territoire. Près de 50 points sont contrôlés de manière régulière en plus des points aux exutoires des cours d’eau. Des analyses sont effectuées pour le suivi des teneurs en nitrate, phosphore, produits phytosanitaires ou bactériologie.

De même, en association avec la fédération de la pêche, des suivis annuels sont réalisés afin de réaliser des analyses biologiques des rivières (comptage poisson, Indice Biologique Global Normalisé – IBGN, diatomée).

ACTIONS NON-AGRICOLES

Volet aménagement de l’espace (réhabilitation des zones humides, cours d’eau et bocage)

Concernant les cours d’eau, 3 personnes sont en permanence sur le terrain pour leur restauration et leur entretien.

L’inventaire zones humides a été réalisé sur l’ensemble du territoire suivant une méthode participative. Il va être intégré à la révision des PLU. L’ensemble des points noirs relevés sont en cours de réhabilitation.

Le plan Breizh bocage permet de financer et d’entretenir la réalisation de talus et de haies dans les zones sensibles.

Développement de pratiques alternatives au désherbage chimique

Concernant les collectivités :

  • Réalisation de plans de désherbage communaux sur l’ensemble des comment du territoire
  • Engagement dans des chartes de désherbage pour tendre vers le « zéro phyto »
  • Appui aux communes pour le développement de pratiques alternatives (formation des services techniques, mise en réseau des acteurs, plan de gestion différenciée …)
  • Compostage en lien avec les restaurants collectifs (valorisation des déchets…)

Concernant les jardineries et les particuliers :

Les collectivités ont mis en place la charte « Jardiner au naturel, ça coule de source ! » qui leur a permis de développer un partenariat étroit avec les jardineries locales. Cette charte répond à un protocole régional coordonné par le Conseil Régional de Bretagne et la Maison de la Consommation et de l’Environnement (MCE). L’objectif est d’informer et de sensibiliser le grand public aux dangers des produits phytosanitaires, tout en promouvant les techniques de jardinage au naturel, afin de diminuer durablement la vente de pesticides.

La charte nécessite des compétences techniques très pointues en jardinage au naturel. Il a donc été décidé de procéder à une consultation pour recruter un prestataire qui puisse co-animer la charte et réaliser les formations auprès des vendeurs. C’est la Maison de l’Agriculture Biologique du Finistère qui a été retenue.

Les associations locales sont également chargées de faire des enquêtes « mystères » afin d’évaluer l’engagement des jardineries et de leurs vendeurs. Le premier bilan de cette opération est plutôt positif puisque 11 jardineries sur 12 sont signataires de la charte. De plus, c’est la seconde année consécutive où une jardinerie est récompensée au Carrefour des Gestions Locales de l’Eau pour avoir retiré l’ensemble des produits phyto de synthèse de ses rayons et une bonne évaluation de la charte.

Gouvernance

L’ensemble des actions menées sur le territoire du SAGE Sud Cornouaille, y compris celles relatives au plan de lutte contre les algues vertes a été formalisé dans un contrat territorial « Sud Cornouaille » pour la période 2012/2015. Les signataires de ce contrat sont les trois Communautés de Communes du territoire (la Communauté de Communes du Pays Fouesnantais – CCPF, Concarneau Cornouaille Agglomération – CCA – et la Communauté de Communes du Pays de Quimperlé –COCOPAQ) en tant que maitre d’ouvrage des opérations et les partenaires financiers (État, Conseil Régional de Bretagne, Conseil Départemental du Finistère et AELB).

Le bureau de la CLE émet les avis et prend les décisions au quotidien. Afin d’élargir la concertation à l’ensemble des acteurs locaux, quatre commissions thématiques ont été mises en place (algues vertes, littoral, gestion de la ressource, aménagement). Enfin, la CLE n’a pas vocation, ni compétence juridique, pour assurer la maîtrise d’ouvrage des travaux d’élaboration du SAGE. Localement, la CLE a désigné la CCCF

La mise en œuvre et le suivi des actions sont assurés par la coordination générale du PAV. Une évaluation annuelle est fournie aux partenaires afin de rendre compte de l’atteinte des résultats et du taux de réalisation des actions.

La commission « algues vertes » mise en place lors de l’élaboration de la réponse à l’appel à projet, a été maintenue dans le cadre du SAGE Sud Cornouaille. Elle est composée de l’ensemble des acteurs locaux (60 membres). Néanmoins, dans un souci d’efficience, un comité de pilotage plus restreint pourra être mis en place pour suivre les actions. Sa composition pourrait être la suivante : élus, cellule d’animation PAV, responsable d’établissement, cuisiniers, agriculteurs référents, conseil général.

Éléments financiers

L’ensemble des financements (plan algues vertes compris) est répertorié dans le tableau ci-dessous :

SAGE Sud Cornouaille Réalisé Agence de l’eau Loire Bretagne Conseil départemental Finistère Conseil Régional État Porteur de projet
2012 582.533 € 161.828 € 103.298 € 89.903 e 4.560 € 222.944 €
2013 769.237 € 299.933 € 141.782 € 122.882 € 16.095 € 188.635 e
2014 714.053 € 264.275 € 135.448 € 108.348 e 15.379 e 190.604 €
Moy/an 688.638 e 242.012 € 126.843 e 107.044 e 12.011 e 200.728 €
35% 18% 16% 2% 29%

Résultats

  • Dans le cadre du plan de lutte contre les algues vertes (2012/2015), 96% des agriculteurs ont accepté que les techniciens diagnostiquent leur exploitation. Sur l’ensemble du BV algues vertes, 78% de la SAU est aujourd’hui engagée dans des améliorations de pratiques. 4 exploitants ont sollicité l’accompagnement pour une conversion en agriculture biologique représentant un potentiel de 85 ha. 8 exploitants, majoritairement des agriculteurs en AB ont opté pour un conseil HERODY assuré entièrement par le GAB 29.
  • Suivi de la qualité d’eau aux exutoires des sous bassins versants algues vertes :

En analysant l’évolution des quantiles 90 sur les quatre exutoires depuis 2000, on observe une baisse des quantiles 90 plus particulièrement observable depuis 2009/2010 sur les cours d’eau du Moros, du Minaouët et du Saint Laurent. Pour ces trois cours d’eau, l’année 2014 est marquée par une forte baisse des Q90 évaluée à 4 mg/L. Cette diminution des concentrations peut s’expliquer, en partie, par la très forte pluviométrie du début d’année. Par ailleurs, cette baisse du Quantile 90 est aussi observée sur l’exutoire du Minaouët (diminution de 3 mg/L). Cependant, en analysant l’évolution de ces quantiles, on peut remarquer une certaine stagnation depuis 2003.

Facteurs de réussite

  • Affichage politique
  • Pérennité et visibilité des dispositifs
  • Implication des acteurs locaux (agriculteurs, acteurs économiques, etc.)
  • Simplification administrative
  • Proximité entre élus et acteurs du terrain (agriculteurs, acteurs économiques) d’où la nécessité d’avoir une équipe en régie

Difficultés rencontrées

  • Lourdeur administrative (millefeuilles, multiplication des contrôles)
  • Manque de lisibilité dans les dispositifs (MAE, etc.)
  • Double discours et multiplicité des « casquettes » de certains professionnels agricoles
  • Blocage du dossier « foncier »

Perspectives

  • La CCPF va entamer une démarche pour l’obtention du Label Ecocert valorisant les établissements de restauration collective dont les crèches qui vont dans le sens du « + bio, + sain, + local, + durable ».
  • Prolongation du plan algues vertes : Afin de laisser plus de temps aux exploitants pour la réalisation de leurs objectifs, le plan algues vertes devrait être prolongée d’une année supplémentaire. L’objectif sera la continuité des accompagnements des agriculteurs déjà engagés. Mais aussi aux personnes nouvellement concernées par ce programme du fait de l’extension du territoire algues vertes.
  • Montée en charge du volet économique : Lors de l’élaboration du plan algues vertes, un volet économie avait été prévu. En donnant la priorité aux actions agricoles, ce volet n’a pas été réalisé. C’est pourquoi à partir de 2015, la structuration de la filière courte est une priorité pour les collectivités. Cela doit aboutir à une mise en relation entre producteurs et consommateurs par la réalisation de diagnostics de la restauration collective par rapport aux circuits courts, par l’appui aux producteurs pour structurer leur offre (magasin, réponse aux appels d’offre, …) et à la communication vers le grand public.

C’est à refaire

  • La mise en place de l’animation en régie a permis aux collectivités de mieux connaitre les acteurs agricoles de leur territoire afin de pouvoir plus facilement les accompagner dans leur projet personnel ou vis-à-vis de l’évolution de la réglementation. Même si certains exploitants sont en désaccord sur ce principe, une relation s’est installée entre les collectivités et les professionnels agricoles.

Contacts

Morgane LEFEBVE ● Coordinatrice service BV ● morgane.lefebve[at]cc-paysfouesnantais.fr

Loïc VARET ● Animation agricole et volet économique ● animagri[at]cc-paysfouesnantais.fr

Loïc MENAND ● Zones Humides ● loic.menand[at]cc-paysfouesnantais.fr

Cédric SERRES ● Qualité de l’eau et Breizh bocage ● cedric.serres[at]cc-paysfouesnantais.fr

Brice GUESDON ● Phyto non agricole et volet cours d’eau ● brice.guesdon[at]concarneaucornouaille.fr

 

 

Paroles d'acteurs

Roger LE GOFF

Témoignage de Roger LE GOFF

Président de la Communauté de communes du Pays Fouesnantais (29) et administrateur de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne


Témoignage de Roger Le Goff Président de la Communauté de communes du Pays Fouesnantais (29) et administrateur de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne Pouvez-vous nous présenter les caractéristiques de votre territoire ? Situé en…

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