Agriculture biologique,
Protection de l'eau et territoires

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Eaux de Vienne – Siveer

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AAC du Sud Vienne

Eaux de Vienne – SIVEER mène des actions de protection de la ressource sur le territoire du Sud Vienne, en partenariat avec les partenaires techniques et financiers, et les acteurs locaux depuis 2015. Un contrat territorial Re-Sources a été signé le 12 juin 2015, pour une durée de 5 ans.

S’appuyant sur des surfaces en bio importantes, le syndicat souhaite accompagner le maintien et le développement de l’agriculture biologique par le développement des filières bio. De plus, Eaux de vienne souhaite soutenir le développement de l’entraide entre éleveurs et céréaliers pour une autonomie des exploitations et un développement des filières locales.

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Carte


Projet

Carte d'identité

Territoire

Syndicat mixte Eaux de Vienne – SIVEER ● communes membres et la Communauté d’agglomération du Pays Châtelleraudais ● 10 000 abonnés desservis

Agence de l’eau Loire-Bretagne (AELB) et Adour Garonne (AEAG) ● Région Nouvelle-Aquitaine, département de la Vienne

Superficie des AAC : 4 695 ha

 

Enjeu eau

Contexte réglementaire : 5 Déclarations d’Utilité Publique (arrêtés) ● 4 captages Grenelle ● 4 captages prioritaires SDAGE ● 5 en zone vulnérable ● 5 en démarche AAC

Cadres d’actions mobilisés : Aire d’alimentation de captage (AAC) ● SAGE ● Contrat territorial ● Contrat global pour l’eau ● Plan d’action territorial

Site Pilote Eau&Bio (2016)

Enjeu : reconquête de la qualité de l’eau potable (nitrates et phytosanitaires)

Masses d’eau concernées : eaux souterraines (karstiques et calcaires)

Situation des communes desservies par les captages : à l’intérieur et en dehors du champ captant

 

Caractéristiques agricoles

Productions dominantes : Grandes cultures et Polyculture-Elevage

Surface agricole utile (SAU) : 3679 ha dont 578 ha de SAU en bio (pour 11 agriculteurs bio), soit 15.7% de la SAU en bio en 2016

 

Mots-clés

Foncier installation conversion dialogue territorial 0 phyto filières territorialisées

Actions mises en œuvre

Diagnostic de territoire

En 2013-2014, Un diagnostic territorial a été mené par les bureaux d’études SG Environnement et Terraqua en amont du contrat territorial via des entretiens individuels et des études de bases de données existante.

Les principaux enseignements de ce diagnostic sont :

  • D’importantes surfaces en bio (15% de la SAU environ), et plusieurs conversions en 2015 liée au contexte environnemental, technique et économique (aides à la conversion)
  • L’existence d’un bon réseau local d’agriculteurs bio et conventionnels qui se connaissent et travaillent ensemble : mise en place d’échanges paille-fumier ; échanges techniques, de matériel et de travail en commun par une CUMA sur certaines cultures à forte valeur ajoutée.
  • Une bonne interconnaissance entre élus du territoire et agriculteurs, qui se soutiennent dans les projets de territoire ou individuels.
  • Sur le bassin Renardières/Cantes en particulier : les sols ont un potentiel agronomique limité, et les exploitations en polyculture-élevage prédominent, avec une habitude d’entraide entre exploitations et une recherche de diversification dans leurs cultures.
  • Une des raisons des conversions à la bio, outre l’opportunité économique liée à la revalorisation des aides à la conversion, est leur constat d’impasse technique sur des itinéraires techniques simplifiés où la notion d’agronomie était absente.

Foncier

En 2016, Eaux de Vienne a signé une convention de partenariat avec la SAFER afin de constituer une réserve foncière autour des captages les plus vulnérables (1123 ha, soit le quart de la surface totale des AAC). Cette réserve foncière vise à permettre d’éventuels échanges parcellaires, avec des parcelles jugées stratégiques vis-à-vis de la préservation de la ressource en eau, et à installer sur les parcelles acquises ou échangées des jeunes agriculteurs, via des baux ruraux environnementaux en faveur de pratiques culturales respectueuses de la qualité de l’eau (agriculture biologique, élevage). Des cahiers des charges spécifiques doivent être élaborés en fonction des contextes pédoclimatiques rencontrés sur le territoire. Selon le contexte local, l’itinéraire technique et l’assolement mis en place sera défini avec l’exploitant, les conditions de loyer et de contrainte environnementale seront discutés et validée avec l’exploitant retenu en amont de la mise en place du bail.

Ce projet est soutenu par un certain nombre d’agriculteurs du territoire, qui souhaitent reprendre la maitrise du foncier sur un secteur où les prix des terres sont élevés.

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Accompagnement des changements de pratiques agricoles

Animation collective

Une animation collective est proposée par la FRAB Nouvelle-Aquitaine :

  • information sur l’agriculture biologique,
  • expérimentations sur la fertilisation organique,
  • création d’un groupe « polyculture élevage biologiques » qui se réunit tous les trimestres entre agriculteurs bio et en conversion,
  • journées de transferts de techniques entre agriculteurs biologiques et conventionnels (journée de démonstration technique « polyculture élevage bio » en 2015 et 2016).
Accompagnement individuel

Cette animation collective est complétée par un accompagnement individuel des producteurs conventionnels pour envisager une conversion à l’agriculture biologique. Cet accompagnement s’effectue au travers de trois outils :

  • Le pré-diagnostic : première prise de contact avec l’agriculteur, afin de l’informer sur le fonctionnement du réseau bio, de la filière bio régionale, des techniques utilisées en agriculture bio et de présenter les deux autres outils à leur disposition. Cet outil vient en complément des animations collectives afin de toucher le plus d’agriculteurs possible. Cette action est menée en partenariat avec le technicien agricole du syndicat d’eau ainsi que les agriculteurs bio présents sur le territoire.
  • Le diagnostic : il vise à mettre en avant les atouts et contraintes du système par rapport à un système bio. De plus, il met en avant les changements à réaliser pour la conversion.
  • La simulation technico-économique : elle a pour objectif d’appuyer la faisabilité du passage au bio en mettant l’accent sur la partie technique (rotation, etc.) et la partie économique en prenant en compte les années d’aides, les investissements, etc., par rapport au système conventionnel de l’agriculteur.
Expérimentations autour des couverts végétaux

Un travail sur la valorisation des couverts végétaux est mené en partenariat avec les organismes professionnels agricoles locaux auprès des agriculteurs. L’objectif est de sensibiliser les agriculteurs conventionnels sur l’implantation et la destruction des couverts végétaux de façon mécanique, afin de progressivement les sensibiliser à l’agriculture biologique. Les thèmes abordés sont la composition des mélanges, le choix des espèces adaptées à la rotation, les semis précoces dès la récolte précédente, la valorisation économique (notamment pour l’élevage – production fourrage), l’intérêt pour la structuration des sols, la gestion de l’azote organique et minéral, etc. En 2016, un accompagnement gratuit des agriculteurs sur l’implantation des couverts végétaux sur les zones sensibles des aires d’alimentation de captage a été réalisé, via une convention avec la fédération de chasse.

Structuration des débouchés

Développement des filières à bas niveau d’intrant

Un certain nombre de filières existent déjà sur le territoire : coopératives (OCEALIA, CAVAC…), industriels (LAITERIE ST SAVIOL), etc. Ces opérateurs sont partenaires de la démarche Re-Sources, mais ce partenariat sera renforcé puisqu’il est prévu, dans le cadre du contrat territorial, d’étudier avec eux le potentiel de développement des cultures à bas niveau d’intrant (prairies, luzerne, lupin, soja, pois d’hiver, féverole, lin…) à une échelle inter-bassins. Des essais sont prévus durant la durée du contrat pour mettre en valeur ces cultures à bas niveau d’intrants et avoir des données sur le territoire. Une synthèse annuelle sur les opportunités de développement de filières techniques et économiques sera diffusée auprès des agriculteurs des bassins d’alimentation des captages du Sud Vienne.

Développement des échanges entre éleveurs et céréaliers

Pour diversifier les débouches des exploitations et favoriser la complémentarité des productions sur le territoire, le syndicat d’eau réalise une mise en relations entre ces agriculteurs. Par la suite, la Chambre d’agriculture et la FRAB Nouvelle-Aquitaine seront mobilisées pour faire le lien entre les besoins et attentes de chacun.

Actions non-agricoles

Accompagnement des collectivités vers le zéro phyto

En 2015, le Syndicat a porté une action d’accompagnement des collectivités dans la réduction de l’usage des produits phytosanitaires pour tendre vers le zéro phyto. 22 communes ont réalisé un plan d’entretien communal. 75 % des communes ont déjà divisé leurs consommations de produits phytosanitaires par 2 depuis 2010. Des actions de communication telles que des courriers, des articles, des journées et des animations scolaires ont été réalisées auprès du grand public pour les sensibiliser aux pollutions diffuses, la qualité de l’eau et les solutions alternatives pouvant être mobilisées.

Gouvernance

Chaque structure partenaire (signataires) s’engage à apporter sa contribution à l’atteinte des objectifs en matière de qualité de l’eau et à concourir collectivement au développement et au maintien d’une dynamique volontaire sur le territoire.

Le syndicat Eaux de Vienne a pour mission de coordonner les actions mise en œuvre par les partenaires, de suivre les dossiers financiers et de maintenir un bon relationnel avec les acteurs du territoire. Pour ce faire, une animatrice ressource en eau à 1 ETP et un animateur agricole à 0.4 ETP sont employés par le Syndicat pour mener à bien cette mission sur le territoire du Sud Vienne.

Monde agricole Collectivités Experts et organismes publics Population et associations
FRAB Nouvelle-Aquitaine (partenaire technique et opérateur économique)
Chambres d’Agriculture (régionale et départementale – partenaires techniques)
Coopérative d’Utilisation du Matériel Agricole (CUMA – prestataire technique)
Coopératives (opérateur économique)
Négoces agricoles (opérateur économique)
Eaux de Vienne –Siveer (porteur du projet)
Région Nouvelle-Aquitaine (partenaire technique et financier)
Communauté des communes du Civraisien en Poitou (partenaire technique)
Conseil départemental de la Vienne (partenaire technique)
Communes du territoire (partenaires techniques)
Agence Régionale de Santé (suivi des indicateurs)
Direction régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (gestion des MAE)
Direction Départementale des Territoires (gestion des MAE, 5 PAZV)
AELB (partenaire financier)
AEAG (partenaire financier)
Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (évaluation AAC)
Associations diverses (partenaires techniques)

Les principaux partenaires techniques et financiers sont engagés via le contrat territorial (5 ans) avec l’AELB et l’AEAG. Un comité de pilotage et un comité technique se réunissent 1 à 2 fois par an dans le cadre du plan d’actions pluriannuel de façon à prendre les décisions qui jalonnent le programme. Les fiches-actions sont validées chaque année en comité technique et en comité de pilotage. Des commissions thématiques ont lieux deux fois par an avec les acteurs locaux.

Éléments financiers

Ensemble du programme d’actions du contrat territorial : 500 000 euros par an (financés à 70%) dont :

  • Postes d’animation générale et agricole (1.4 ETP au total) : 70 000 euros par an (frais de fonctionnement et salaires), financés à 30% par l’AELB et 35% par l’AEAG et 10 % par la Région Nouvelle-Aquitaine
  • Actions de terrain de développement de l’agriculture biologique : 34 500 € par an, financés au travers du plan bio et portés par FRAB Nouvelle-Aquitaine,
  • Actions agricoles de terrain (hors actions de développement de l’agriculture biologique) : 31 320 euros, financés à 70% par l’AELB, l’AEAG, et le Conseil Régional Nouvelle-Aquitaine porté en maitrise d’ouvrage par le syndicat d’eau.
  • Actions agricoles de diagnostic et d’accompagnement individuel : 40 000 € en moyenne/an porté par les organismes professionnels agricoles et financés par l’AELB à 70 % et l’AEAG à 50 %.

Résultats

  • Passage de 11 % à 15 % de SAU en agriculture biologique sur les aires d’alimentation des captages du Sud Vienne depuis 2014.
  • Ouverture de « compartiments de stockage » pour les céréales sur Charroux en 2015, au vu des surfaces en conversion.

Facteurs de réussite

  • La proximité du syndicat sur le territoire
  • Bon relationnel avec les organismes professionnels agricoles (OPA) du secteur, les filières bio existent et se structurent
  • Le bouche à oreille des agriculteurs qui réussissent en bio
  • Beaucoup de travail en individuel pour les communes et les agriculteurs réalisé par les OPA et le Syndicat
  • Financement incitatif des Agences de l’eau

Difficultés rencontrées

  • Les enveloppes financières du second pilier sont peu stables (aides bio et MAEC)
  • Les échelles de décision, les objectifs et les orientations politiques des différentes structures ne sont pas toujours en cohérence avec l’enjeu du syndicat, ce qui rend difficile la construction d’un projet global de territoire

Perspectives

L’objectif est de travailler sur les filières avec les organismes professionnels agricoles locaux, les agriculteurs, et la communauté de communes dans l’objectif de mieux connaitre les acteurs et les possibilités de développer les filières existantes et/ou en créer de nouvelles.

C’est à refaire

  • Engagement des partenaires via un contrat territorial
  • Accompagnement renforcé sur l’agriculture biologique
  • Implication des élus locaux

Contacts

Lydie BLANCHET • Animatrice Ressource territoriale Eaux de Vienne – Siveer • l-blanchet[at]eauxdevienne.fr • 06 72 96 82 94

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