Agriculture biologique,
Protection de l'eau et territoires

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Parc national des Cévennes

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Le territoire du Parc National des Cévennes (PNC) se caractérise par l’importance de son agriculture de moyenne montagne qui occupe près d’un tiers de sa superficie.Un paysage caractérisé par de grands milieux ouverts agro-pastoraux sur les sommets et une agriculture adaptée à la pente dans les vallées (terrasses, bancels).

Ces espaces agricoles abritent une grande diversité de productions (majoritairement animales avec des spécialisations locales marquées en fonction des contextes pédoclimatiques) et présentent de forts enjeux environnementaux.

Le rôle de l’agriculture, à la fois productive et gestionnaire des paysages et de la biodiversité, a conduit le PNC, via sa Charte, à promouvoir une agriculture respectueuse de la biodiversité et des principes de l’agroécologie, (orientation 5.4 de sa charte) et privilégier l’agriculture biologique comme mode de production sur son territoire (mesure 5.4.1)

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Carte


Projet

Carte d'identité

Territoire

Parc national des Cévennes, établissement public à caractère administratif

Agences de l’eau : Adour-Garonne et Rhône-Méditerranée-Corse. 2 régions : Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes. 3 départements : Lozère, Gard, Ardèche

Superficie du Parc : 297,327 km2  pour 120 communes avec :

  • le cœur de parc qui constitue un territoire protégé sur lequel s’applique une réglementation spéciale. Le cœur de Parc s’étend sur une superficie de 93 761 ha. On y dénombre 600 habitants à l’année et 400 agriculteurs exploitants.
  • L’aire d’adhésion qui correspond aux communes qui ont leur territoire situé en partie ou en totalité hors cœur de parc, mais ayant adhéré au projet collectif de développement durable définie dans la charte. Cette aire d’adhésion représente 111 communes pour une superficie de 203 566 ha. Sa population est de 67 787 habitants.

 

Enjeu eau

Cadres d’action mobilisés : SAGE, Parc National, TVB, contrat de rivière, Natura 2000

Enjeu de protection de la ressource en eau : qualité  de l’eau potable (reconquête et non dégradation), qualité milieux aquatiques (non dégradation), et enjeu quantitatif de protection contre les inondations et gestion des étiages

Masses d’eau : eaux de surfaces et eaux souterraines. Facteurs de dégradation des masses  d’eau : dépassement en métaux lourds, origine non agricole

Inscription au dispositif des sites pilotes Eau&Bio envisagée pour 2018

A travers sa mesure 3.3.3 Accompagner l’agriculture vers plus de sobriété dans les prélèvements d’eau, le PNC souhaite accompagner la profession agricole dans l’ensemble des projets permettant de rationaliser l’utilisation de l’eau dans le cadre d’une agriculture respectueuse des écosystèmes.

 

Caractéristiques agricoles

Elevage prédominant mais productions très diversifiées : au nord l’élevage est prédominant (ovins sur secteur Grands Causses et bovins sur Mont Lozère) sur des systèmes plutôt spécialisés, tandis qu’au sud (Cévennes) on retrouve une complémentarité à l’intérieur d’une même ferme entre productions animales (ovins, caprins avec production de Pélardons + apiculture) et végétales (châtaignes), souvent accompagnée d’un outil de transformation (individuel ou collectif).

Surface agricole utile (SAU) du Parc : 12 000 ha en bio en 2016 soit 10 % de la SAU, pour 244 producteurs labellisés AB soit 20 % des exploitations agricole ; à ce chiffre il faut rajouter 40 producteurs Nature et Progrès non certifiés AB ainsi que 9 producteurs adhérents au syndicat des Simples (cueilleurs essentiellement).

 

Mots clés : biodiversité • conversion • dialogue territorial • aides incitatives • circuits de proximité • 0 phyto • pépinière d’installation • filières territorialisées • développement marque « Esprit Parc national »

Actions mises en œuvre

Introduction

En 2014, un travail d’étude et d’animation a permis d’évaluer les freins et d’identifier les leviers au développement de la bio sur le territoire du PNC.

A partir des enseignements tirés de cette étude et sur la base d’un travail collégial entre producteurs, transformateurs et partenaires techniques, un programme d’actions a été rédigé.

Celui-ci s’articule autour de 3 axes principaux :

  • Travailler sur la formation et l’expérimentation en production
  • Contribuer au développement et à la structuration de filières bio
  • Développer la consommation de produits bio locaux

D’un point de vue opérationnel, ce travail a permis :

  • d’asseoir, d’alimenter et de s’approprier les outils de suivi et de connaissance de l’agriculture biologique en Languedoc-Roussillon,
  • de faire émerger des actions de promotion et de développement de l’agriculture biologique,
  • d’identifier les perspectives de développement de l’agriculture biologique à long terme sur le territoire du Parc National des Cévennes.

 

Qualification du territoire en fonction de ses opportunités de développement de l’agriculture biologique

VOLET CRITÈRES + CRITÈRES –
Potentiel de production Un territoire jugé facilitateur et des producteurs qui s’accordent à dire qu’ils sont satisfaits de leur conversion AB
Une production très diversifiée : 11 filières différentes identifiées
Présence d’un grand nombre d’outils de transformation
Des itinéraires techniques jugés plus complexes
Des élevages fortement déficitaires en fourrage et en céréales

Potentiel local de consommation de produits bio
Des circuits courts développés et organisés Un problème économique : commercialisation, valorisation des produits
État et possibilités de structuration des filières Des filières ne permettant pas toujours de valoriser les productions locales en bio
Contexte politique local  Position des collectivités territoriales, de l’Agence de l’Eau, de l’État et de la Région Position des Organisations Professionnelles Agricoles qui demande à être précisée

 

Suite à ce premier travail, le PNC a engagé une première animation territoriale pendant près de deux ans (fin 2014 à fin 2016) pour initier plusieurs actions de développement de la bio.

En 2018, le Parc intensifiera cette animation territoriale en lui donnant un nouveau souffle. Objectifs : amplifier la dynamique de conversion, renforcer les partenariats et initier de nouveaux projets.

 

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STRUCTURATION DES FILIÈRES

Vers une filière locale en fourrage bio

Dans les élevages, le manque d’autonomie en fourrage et en céréales constitue le principal frein à des projets de conversion en bio. Le Parc national des Cévennes, en partenariat avec Lozère Bio, le Civam Bio du Gard et le Syndicat des Producteurs de Pélardon, a travaillé sur un projet de structuration d’une filière locale en fourrage bio. Le projet repose sur une valorisation de la complémentarité entre les zones de montagne et de plaine pour penser l’autonomie à l’échelle du territoire. Ce travail est pour l’instant prospectif : consultation des éleveurs, mise en relation des acteurs du collectif (éleveurs, céréaliers), échanges autour des conditions de réalisation pour créer un climat de confiance entre les producteurs, sortir du gré à gré et réfléchir ensemble à une organisation collective et une contractualisation répondant aux besoins et contraintes des uns et des autres.

Châtaignes

Le Parc a constaté que des PME locales cherchaient à augmenter leur collecte en châtaignes bio sans y parvenir, la filière châtaigne bio étant insuffisamment développée. Le Parc a donc mené une action auprès des castanéiculteurs professionnels pour les inciter à passer en bio (sensibilisation et information sur les aides).

Une action spécifique a également été enclenchée auprès des apporteurs particuliers afin de leur permettre de bénéficier d’une certification collective, portée par les PME. Le Parc a accompagné une de ces PME dans le portage de cette certification collective via la réalisation d’une « boîte à outils » méthodologique et des rencontres avec les organismes certificateurs pour confirmer la faisabilité de la démarche.

Par ailleurs, le PNC a animé une réflexion avec les producteurs de châtaignes et les principaux opérateurs de la filière autour du développement de nouveaux produits bio transformés localement à base de châtaignes bio, afin d’accroître leur valorisation. Un benchmarking a été réalisé par le Parc pour s’inspirer des innovations portées dans d’autres régions ou pays producteurs, appuyé par des travaux d’étudiants en partenariat avec Sud&Bio. Cette animation du dialogue de filière se poursuit, même si les innovations ne sont pas encore véritablement reprises par les acteurs de la filière.

ACCOMPAGNEMENT DES CHANGEMENTS DE PRATIQUES AGRICOLES

Une journée d’échange avec les agriculteurs

Une première porte ouverte d’une ferme bio destinée à un public professionnel a été organisée en 2015, afin de donner envie de produire bio à des porteurs de projets ou à des agriculteurs conventionnels. Un des participants à cette journée s’est depuis installée en maraichage en bio sur le territoire du Parc.

Mise en place de différents projets d’expérimentation

Un partenariat est en cours avec la Coopérative Origine Cévennes pour accompagner des essais de culture d’oignons doux en bio chez deux producteurs du territoire. L’oignon doux conventionnel est une culture très intensive avec des coûts environnementaux importants. La Coopérative s’intéresse à la bio et a initié depuis 2012 des essais chez deux producteurs conventionnels pour une conduite en bio d’oignons doux.  Des essais de désherbage mécanique et thermique, ainsi que des tests de paillage (BRF et paille) ont été mené. Les oignons ainsi produits ne sont pour l’instant pas valorisés en bio mais le projet d’une filière oignon doux AOP bio se construit petit à petit.

Par ailleurs, deux domaines viticoles sont accompagnés par le PNC pour tester des pratiques alternatives de désherbage de la vigne. L’un des deux viticulteurs engagés dans le projet a entamé sa conversion bio en 2017.

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La marque Esprit Parc National des Cévennes

marque-pncLes Parcs Nationaux ont élargi la marque « Esprit Parc National » aux produits agricoles. Le PNC s’est engagé dans la marque Esprit Parc National des Cévennes avec un « cahier des charges » agroécologiques, dans l’objectif de valoriser les pratiques vertueuses et d’initier des démarches de progrès.

L ’agroécologie invite par ailleurs à utiliser des variétés et des races adaptées localement, à raisonner l’emploi de l’eau notamment en améliorant la valorisation de l’eau de pluie et en adaptant les variétés cultivées et les itinéraires techniques, à limiter l’érosion des sols et les pollutions d’origine agricole tout en valorisant les savoirs locaux.

20 producteurs sont aujourd’hui bénéficiaires de la marque, dont 12 certifiés AB.

L’ensemble des produits bénéficiant de la marque (miel, châtaignes, fruits, légumes, champignons, fleurs ou plantes comestibles, vins, viandes d’herbivores) est respectueux de l’environnement et participe à la protection du territoire du Parc et de ses écosystèmes.

Pépinière d’installation

Le Parc a accompagné une commune dans sa réflexion de création d’une couveuse d’installation agricole en bio. Projet en cours…

Aides financières

Le PNC a mis en place une aide à certification lors de la 1ère année de conversion ou d’installation en AB. Au total, 14 producteurs ont bénéficié de cette aide sur la période 2015-2016.

ACTIONS NON-AGRICOLES

Sensibilisation du grand public

ateliers-de-labio-bio-pncUne journée dédiée à la bio intitulée “les ateliers de la bio” a eu lieu en 2015 afin de communiquer auprès des producteurs et des citoyens sur la volonté politique du PNC et leur faire partager cette ambition. Des ateliers participatifs ont eu lieu sur un grand nombre de sujets, rassemblant plus de 150 personnes : atelier culinaire avec un chef cuisinier et une nutritionniste, atelier permaculture, atelier d’échange entre les élus référents des communes du PNC, l’association territoires Causses Cévennes et des invités (maire de Barjac), des conférences sur l’agroforesterie, sur la certification participative de Nature & Progrès, sur les semences anciennes avec un paysan meunier, les chiffres de la bio.

Mobilisation des élus

Le PNC a organisé un voyage d’étude dans la Biovallée afin d’aborder la place des collectivités depuis l’accompagnement du changement de pratiques jusqu’aux projets de filières agricoles bio. Ce voyage d’étude, très enrichissant, a été l’occasion pour les élus des Cévennes d’échanger entre eux et avec les élus de la Biovallée et de découvrir plusieurs expériences concrètes mises en place là-bas. (espace-test agricole, plate-forme logistique de produits locaux, filière caprine, etc.)

Le PNC a également animé une réflexion sur les OGM, qui a abouti à l’élaboration d’une note de procédure destinée aux communes adhérentes au PNC afin d’aller vers un territoire exempt de cultures OGM.

Gouvernance

L’EP PNC se positionne comme animateur-coordinateur de toutes les actions menées autour de la bio sur le territoire. Il organise notamment la mise en réseau des acteurs de la bio (producteurs et organisations de producteurs, acteurs de la transformation, coopératives, etc.). Il porte certaines actions en direct ou mobilise ses partenaires.

Résultats

  • Depuis 3 ans, renforcement de l’identité bio du Parc
  • Accélération des conversions AB – des chiffres : 244 exploitations bio pour 12 000 ha. + 12% de fermes bio en 2016 par rapport à 2015, et +30% de surfaces bio.
  • 75% des communes comptent au moins une ferme bio sur leur territoire.

Facteurs de réussite

  • Sensibilisation des producteurs, évolution de l’image de la bio au travers des actions portées
  • Dispositif financier d’aide à certification mis en place par l’EP PNC

Difficultés rencontrées

Difficulté à poser une stratégie territoriale collective avec l’ensemble des acteurs techniques et institutionnels concernés par la bio et le projet agricole du territoire PNC (logiques d’acteurs différentes)

Perspectives

Le PNC souhaite devenir un territoire de référence en agriculture biologique. Un plan d’actions a été adopté autour de trois grands axes :

  • développer l’expérimentation et les références locales, en lien avec les enjeux du territoire (eau, biodiversité…),
  • favoriser les échanges de pratiques et le dialogue entre bio et conventionnels pour stimuler les conversions et accompagner la structuration et le développement des filières bio
  • développer une démarche de promotion de la bio par l’animation et l’accompagnement des collectivités du Parc autour de projets de développement de la bio, par la mise en réseau des acteurs qui travaillent sur la bio et par l’inscription dans des réseaux régionaux et nationaux (sites pilotes Eau & Bio notamment).

 

C’est à refaire

  • Journées d’échange avec les agriculteurs : ces rencontres sont l’occasion de se former, de s’informer et de partager des expériences en renforçant les liens entre agriculteurs et techniciens
  • Poursuite des expérimentations de terrain : c’est une bonne manière de faire connaitre et d’adapter les pratiques au contexte du territoire (géographique, climatique) et d’accompagner leur mise en place.
  • Journée grand public / Travail avec les élus : l’organisation d’évènementiels est de nature à créer un contexte favorable à la bio. L’accompagnement des élus par l’EP PNC permet de déclencher des projets structurants sur le territoire.

Contacts

Viviane De Montaigne • Chef de pôle agri-environnement • PNC • viviane.de.montaigne[at]cevennes-parcnational.fr • 04 66 49 53 42

Christophe Fourcade • chargé de mission agriculture biologique • PNC • christophe.fourcade[at]cevennes-parcnational.fr • 04 66 49 53 67

Yannick Manche • chargé de mission Eau • yannick.manche[at]cevennes-parcnational.fr • 04 66 49 53 34

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