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Dominique Olivier

dominique-olivierTémoignage de Dominique Olivier

Directeur de la coopérative « Fermes de Figeac »

 

 


 

Pouvez-vous présenter la coopérative « Fermes de Figeac » ?

Dans le Lot, « Fermes de Figeac » regroupe 650 adhérents, des éleveurs en grande majorité. Dans un secteur de 20 km de rayon, les éleveurs se sont organisés pour protéger et développer leurs revenus. Nous avons ouvert des magasins de producteurs (franchisés : Gamm Vert, Delbard), mis en place des services de proximité communs : garages de mécanique agricole, partage de matériel agricole. Aujourd’hui, la coopérative « Fermes de Figeac » emploie 170 salariés. Ils exercent les métiers de chauffeur, technicien, vendeur, pour la plupart. Dans l’entreprise, une personne = une voix. Les agriculteurs représentent 80% des voix, les salariés 20%.

Quel a été le point de départ, à la fondation de la coopérative en 1985 ?

Nous avons décidé de former notre propre coopérative pour garder la maîtrise de notre avenir et assumer nos décisions. Nous avions besoin de renforcer la résilence des éleveurs dans un contexte de perte de valeur ajoutée en agriculture. Jusqu’en 1950, les agriculteurs de notre territoire ont vécu dans la pauvreté, on vivait du potager, de la basse-cour, des châtaigniers. Après 1960, la production laitière a fortement augmenté et nous voulions garder une maîtrise sur sa plus-value.

Quelle place joue l’agriculture biologique dans votre coopérative ?

Sur 650 fermes, seulement 30 sont certifiées AB, mais les 620 autres sont proches des systèmes d’agriculture biologique : l’agriculture est extensive, comme dans toute zone de montagne. Nous avons une technicienne bio dans la coopérative depuis 2006. Nous avons également franchi une étape au début des années 2000 en évaluant les pratiques d’un groupe d’éleveurs de la coopérative par un bilan carbone. Après 2007 et la faillite de nombreuses porcheries – suite à l’augmentation du prix des céréales -, les éleveurs de la coopérative ont mis au point un plan d’autonomie complète en céréales. Maintenant nous dépendons beaucoup moins des cours mondiaux des céréales et, en économisant leur transport, nos émissions de gaz à effet de serre ont chuté.

Une coopérative agricole qui investit dans le panneau solaire : ce n’est pas commun. Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?

Aujourd’hui, il ne suffit plus de proposer des produits du terroir et de repenser les pratiques agronomiques. L’agriculture pour nous n’est pas cantonnée à sa vocation de production alimentaire, elle produit aussi de la qualité de l’air, du paysage, de l’énergie : c’est là que nous cherchons à innover. Nous avons négocié pendant trois ans, avant d’obtenir un prêt bancaire pour installer des panneaux photovoltaïques. « Fermes de Figeac » comptent à présent six hectares de toits solaires qui produisent en trois ans l’équivalent de la consommation annuelle d’une ville de 10 000 habitants comme Figeac.

Votre coopérative a-t-elle une longue espérance de vie ?

Espérons-le ! Notre principal défi aujourd’hui est de remédier à la baisse du nombre d’agriculteurs. Tous les 10 ans, la coopérative perd 30% de ses adhérents. Et la reprise des outils agricoles coûte cher, d’autant plus pour des jeunes qui ne sont pas nés à la ferme et n’ont pas de patrimoine agricole. Pour faciliter l’installation, nous pensons le territoire dans son ensemble. Comment attirer de jeunes couples s’il n’y a pas de crèche localement ? Avec d’autres entreprises, nous avons investi en capital pour ouvrir une crèche à Figeac. Nous réfléchissons aussi à la meilleure façon de diminuer le coût des déplacements en milieu rural, en utilisant des voitures électriques.

Que conseilleriez-vous à ceux qui se lancent dans la création d’une coopérative agricole ?

D’aller voir ailleurs, d’être imaginatif. Aux Fermes de Figeac, nous faisons régulièrement des voyages d’études. Coopérative de sel de Guérande, Scop Ardelaine, Scop Créabois, coopérative laitière de Beaufortain, nous allons enquêter dans d’autres coopératives pour comprendre leur organisation, leur gouvernance et leurs bonnes pratiques. Nous sommes même allés à l’étranger plusieurs fois, récemment au Japon : après de graves crises alimentaires, les consommateurs japonais ont repris en main une partie de la distribution, avec un modèle d’AMAP dont beaucoup de producteurs français se sont inspirés.


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