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Jean-François Caron

Jean-François Caron

 

Témoignage de Jean-François Caron

Maire de Loos-en-Gohelle.   

 


 

Pouvez-vous nous présenter les grands traits caractéristiques de la commune de Loos-en-Gohelle ?

Après 136 années d’extraction du charbon, la ville a dû faire face aux conséquences de cette exploitation des ressources naturelles sur son environnement, son économie et sa population. Aujourd’hui et suite à 30 années d’action, la commune est en reconversion écologique, sociale et économique.

En effet, la ville dispose désormais de 15 kilomètres de ceinture verte, une voie de déplacement en modes doux pour favoriser le retour de la biodiversité et la pratiques d’activités sportives. Depuis 2014, le recours aux produits phytosanitaires pour l’entretien des espaces verts a été totalement supprimé. Les bâtiments communaux ont tous été équipés de cuves de récupération des eaux pluviales qui sont utilisées pour les besoins impropres tels que l’arrosage des espaces verts ou l’alimentation des chasses d’eau. Le nombre d’associations a été multiplié par deux entre 1990 et 2010, 150 emplois ont été créés dans le domaine des écoactivités et 55 hectares, soit 8% des terres agricoles ont été converties à l’agriculture biologique.

Loos-en-Gohelle n’est cependant pas un eldorado, le taux de chômage reste important (17,7%), bien qu’il soit plus faible que celui de la zone d’emploi dans laquelle nous nous trouvons. Les conséquences de l’industrie charbonnière se font encore ressentir ce qui nous pousse à engager de nouveaux chantiers pour répondre aux besoins des habitants. C’est notamment le cas du projet VITAL qui porte sur la structuration d’un système alimentaire local en tenant compte de tous les maillons de la chaine alimentaire, du producteur au consommateur.

Vous avez fait le choix d’engager la commune dans une démarche de type Agenda 21. Pourquoi ? Quelle méthode avez-vous employée ?

À l’époque de l’exploitation des mines, le paysage de Loos-en-Gohelle était façonné par ses 9 puits de mines et ses 8 terrils parmi lesquels on retrouve les plus hauts d’Europe, les terrils de la fosse 11/19.

L’arrêt de l’exploitation marque un tournant dans l’histoire du territoire. C’est la fin d’un monde, la fin d’un modèle et le début d’une crise majeure.

La ville et ses habitants n’ont d’autre choix que de rebondir et d’avancer. Et pour cela, à partir des années 1980, la Municipalité fait de la culture un levier de transformation du territoire en travaillant sur la mémoire, la réappropriation du patrimoine minier, la notion de trajectoire : des spectacles participatifs sont montés avec les habitants, les friches industrielles sont réaménagées pour favoriser leur réappropriation par la population, des plasticiens et des artistes développent la pratique du « land art » sur les terrils… Petit à petit, les habitants deviennent acteurs de leur ville.

Au milieu des années 1990, à l’occasion de la révision du Plan d’Occupation des Sols, l’ancêtre du Plan Local d’Urbanisme, la Mairie en lien avec les habitants décide de réaliser un diagnostic social et environnemental partagé. Celui-ci avait pour objectif de co-constuire, sous l’œil d’experts extérieurs, la stratégie de développement de la ville. En 1997, un questionnaire joint au journal municipal est distribué à tous les habitants pour récolter leurs attentes en matière d’environnement urbain, couplé à un travail d’écoute sociale des quartiers et à un audit culturel. En parallèle, une étude d’écologie urbaine et un plan paysager sont réalisés. Ces démarches permettent d’aboutir en 2000 à la signature d’un programme d’amélioration et de préservation du cadre de vie nommé « Charte du cadre de vie ». Ce document qui identifie notamment la gestion et le recyclage de l’eau, la réalisation d’un plan paysager, le traitement des déchets, le développement des énergies renouvelables, l’écoconstruction, l’implication des habitants comme axes prioritaires se retrouve au cœur du projet de ville. Le programme de la municipalité devient un Agenda 21.

Quelles actions sont mises en œuvre sur la thématique de l’agriculture biologique ?

La thématique de l’agriculture biologique se trouve au cœur du projet VITAL, Ville en Transition et Alimentation Locale, que nous avons démarré en 2011.

À travers ce programme, nous avons engagé différentes actions. Tout d’abord, la mairie s’est associée à deux structures : Les Anges Gardins qui agit dans le domaine de l’éducation au jardinage et au bien vivre alimentaire et Terre d’Opale qui produit des légumes biologiques à travers un chantier d’insertion par l’activité et organise la distribution hebdomadaire de paniers de légumes. Cela nous a permis de favoriser la conversion à l’agriculture biologique de 5 de nos agriculteurs à travers un bail environnemental à clause bio selon lequel, pour un hectare cédé, chaque agriculteur devait également convertir 1 hectare de ses terres en bio. De cette manière, la surface d’exploitation en bio de la commune a doublé. Cela a débouché sur la création en 2013 de Terre de Gohelle, structure qui favorise la vente des productions des agriculteurs à travers la distribution de paniers bio sur le territoire. Cette structure est complémentaire des associations de jardiniers existant au sein de la commune telles que les Greloos ou Ch’es biaux gardins qui pratiquent un maraîchage sans pesticides.

Des actions ont ensuite été mises en place pour favoriser l’appropriation des enjeux de l’agriculture biologique par les plus jeunes. En 2011, une clause demandant l’intégration de produits bio dans les menus de la cantine maternelle est intégrée dans le cahier des charges du marché. Et à partir de 2013, le marché est passé en 100% bio. Un programme Alimentation – Jardin cuisine et fermes a également été mis au point dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires de 2013 sur le créneau des Temps d’Activités Périscolaires.

Enfin, un temps festif de rencontres, de conférences et d’échanges autour de la question de l’agriculture biologique et du rapport santé-alimentation a été créé en 2014 avec l’ADEARN (Associations pour le Développement de l’Emploi Agricole et Rural Nord-Pas de Calais). Il s’agit de la Fête de l’agriculture paysanne et du mieux vivre alimentaire qui s’est tenue pour la deuxième fois le 5 juillet 2015 et qui rassemble producteurs et consommateurs.

Des perspectives de développement sont d’ores et déjà identifiées dans le cadre du programme VITAL avec notamment un projet de création d’une ferme multiservicielle bio qui est un lieu de convergence et de mutualisation de producteurs et de matériel agricole autour de différentes activités (production, vente directe, alimentation…). La Communauté d’Agglomération de Lens-Liévin s’est également saisie du sujet pour développer une politique alimentaire et agricole innovante à une échelle plus large.


Pour en savoir plus :

  • Visiter le site web de la commune de Loos-en-Gohelle
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