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Séminaire « Sites Pilotes Eau & Bio » du 19 janvier 2016

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Eau et bio : des résultats et de nouveaux sites pilotes

Le 19 janvier, près de 150 élus, maîtres d’ouvrage, techniciens, animateurs de terrain formateurs, étudiants et producteurs, ont répondu à l’appel de la FNAB et de ses partenaires engagés dans les sites pilotes « Eau & Bio ». L’occasion de faire le point sur les résultats des premières expérimentations de reconquête et de préservation de la qualité de l’eau menées dans le réseau.

« Nous sommes une courroie de transmission de nos savoirs pour l’ensemble de la profession agricole », entame Guillaume Riou, secrétaire national de la FNAB et polyculteur-éleveur bio dans les Deux-Sèvres. Depuis 2010, la Fédération nationale d’agriculture biologique anime le réseau de mutualisation, d’expérimentation et de co-production des sites pilotes Eau & Bio. L’objectif ? Reconquérir et préserver la qualité de l’eau grâce au développement de l’agriculture biologique. Une démarche de longue haleine. En 2015, le bon état des eaux n’est toujours pas atteint au niveau national. Les études récentes montrent que la consommation des produits phytosanitaires agricoles ne cesse d’augmenter, portant la France en quasi-tête du peloton des plus gros consommateurs mondiaux. « En 2007, le Grenelle de l’environnement actait déjà que le développement de l’agriculture biologique est une solution sur certaines zones de captage. Mais, à l’époque, parler de bio sur un bassin versant était explosif », rappelle Sylvain Roumeau, chargé de mission Eau et Bio à la FNAB.

Des surfaces en bio qui dépassent les 6%

En 2016, la dynamique est pourtant enclenchée. En 6 ans, douze premiers « petits Munich » ont essaimé en France, rejoint par une dizaine de nouveaux sites en 2014. Dans trois territoires sur quatre, les surfaces en bio ont atteint le chiffre de 6 % de la surface agricole utile, certains territoires atteignant même les 12 %, une progression plus rapide que la SAU nationale (autour de 4%). D’après Sylvain Roumeau, ce résultat découle d’une combinaison de facteurs : « opportunités des collectivités à agir, politiques publiques mobilisant les outils de planification et aides financières, réflexion sur la structuration de circuits de commercialisation , mobilisation du levier foncier, etc. ». A titre d’exemple, Lons-le-Saunier a pris en 2010 un arrêté de déclaration d’utilité publique qui impose le cahier des charges de l’agriculture biologique sur le périmètre de protection rapprochée de son captage, après avoir travaillé durant 20 ans, sans réels résultats, autour de pratiques agricoles conventionnelles économes en intrants. Ces 5 dernières années, la municipalité a acquis une centaine d’hectares et propose dorénavant un bail à 116 euros « si le producteur reste en conventionnel » et un bail « à prix réduit » pour ceux qui optent pour la bio (d’autres exemple dans les actes, bientôt en ligne).

Eau de Paris multiplie également les actions pour développer l’agriculture biologique dans la Vallée de la Vanne, qui alimente une partie de Paris en eau potable. Comme l’explique Marguerite-Marie Larroque, « l’objectif a tout de suite été de faire du 100% bio comme à Munich, en mobilisant tous les leviers possibles ». Parmi eux : des aides conversions pouvant atteindre 450 euros/ha et l’installation d’une station de semences pour consolider la filière céréalière bio naissante.

Treize nouveaux territoires

Inspirés par ces diverses expérimentations, treize nouveaux territoires se sont lancés dans l’aventure. Il s’agit pour la plupart de communautés de communes ou d’agglomération, de syndicats mixtes ou de parcs naturels régionaux. C’est le cas dans la communauté d’agglomération de Seine-Eure, aussi connue sous l’acronyme de CASE. Là-bas, 110 hectares de terres agricoles, spécialisées en céréales, ont été acquis en 2010 sur le principal captage de l’agglomération pour « garantir une qualité exceptionnelle d’eau potable, notamment attendue par les industries pharmaceutiques présentes sur le territoire », précise Pierre-Julien Bavent de la CASE. Aujourd’hui, 4 céréaliers bio s’y partagent 80 ha et 5 maraîchers sont installés sur les 30 hectares restants. Pour doper le développement de la filière, la communauté d’agglo a également acquis un ancien hangar industriel non loin de là. Objectif ? Y rassembler le Groupement Régional d’Agriculture Biologique (GRAB) normand, une plateforme de distribution de produits bio régionaux (Terre bio Normandie), un traiteur 100% bio et une légumerie-conserverie. Ailleurs, le syndicat mixte du bassin versants de la Nive, au Pays Basque, mobilise une vingtaine de producteurs pour changer leurs pratiques et diminuer la pression bactériologique due aux concentrations d’effluents des exploitations laitières. « Trois quart d’entre eux sont partants pour faire des diagnostics conversion », explique Jérémie Coinon du syndicat. En mars, le syndicat mixte embauche même une salariée à temps plein sur la bio : « un pas important » selon l’animateur.

« Il faut aller vers 20% de surfaces bio »

Quant à la communauté de communes du Pays Fouesnantais, elle voit les effets de sa politique entamée il y a 5 ans porter ses fruits. Après avoir créé une régie municipale agricole, elle a opté pour un objectif de surfaces en bio de 10% de la SAU de sa zone de captage d’ici à 2020. « On commence à voir un changement de mentalité », constate Loïc Varet, animateur agricole, « les agriculteurs comprennent que c’est un bien pour eux autant que pour la collectivité ». Fin 2015, cette communauté de commune a choisi de mettre le développement durable dans ces compétences obligatoires « pour travailler sur la restauration collective, le bio et la question foncière » et d’intégrer le réseau des sites pilotes.

Pour Guillaume Riou, ces initiatives doivent encore se multiplier. « Il faut aller à 20% de bio sur les territoires à enjeu eau pour montrer que la reconquête de la qualité de l’eau par l’agriculture biologique est efficace ». La démonstration est en cours.


Ciné-débat Eau, Bio, Alimentation et Territoires

Le 18 janvier, la FNAB organisait une soirée-débat autour de la projection du film « La face bio de la République ». Cet évènement a rassemblé une soixantaine de personnes et a permis des échanges entre les intervenants – Jean-Michel Laya (Eau de Paris), Jacky Bonnet (La Couronne), Gilles Billen (CNRS) et Guillaume Riou (FNAB). Les échanges seront à retrouver prochainement en vidéo sur cette page.


Pour en savoir plus :

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