Agriculture biologique,
Protection de l'eau et territoires

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Bordeaux Métropole

La Jalle de Blanquefort traversant la vallée maraichère photo prise par Ronja Mattmann Bordeaux Métropole septembre 2014.JP

La politique agricole de Bordeaux Métropole est axée autour de quatre objectifs principaux :

  • La préservation du foncier agricole,
  • L’installation de nouveaux exploitants,
  • La promotion de modes de production et de commercialisation durables, dont l’agriculture biologique,
  • La structuration de la gouvernance alimentaire.
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Carte


Projet

Carte d'identité

Territoire

Bordeaux Métropole ● 28 communes ● 724 000 habitants

Agence de l’eau Adour-Garonne (AEAG) ● Région Aquitaine (33)

Superficie : 57 828 ha

 

Enjeu eau

Contexte réglementaire : 102 captages

Cadres d’action mobilisés : Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) ● Plan Local d’Urbanisme métropolitain (PLUi) ● Agenda 21 ● Trame Verte et Bleue (TVB) ● Schéma d’Aménagement et de Gestion de l’Eau (SAGE) Nappes profondes ● Déclaration d’Utilité Publique (DUP) ● Périmètre de Protection de Captage (PPC)

Masse(s) d’eau concernée(s) : eau souterraine ● eaux de surface (jalles)

Enjeu : préservation de la qualité de l’eau potable (eau souterraine ● pesticides) ● reconquête de la qualité des milieux aquatiques (jalles notamment)

 

Caractéristiques agricoles

Productions dominantes : viticulture ● polyculture-élevage ● grandes cultures ● maraîchage

Surface agricole utile (SAU) : 5 800 ha, dont 209 ha de SAU bio (pour 12 agriculteurs bio), soit 3,6% de la SAU en bio en 2012

 

Mots-clés

Foncier ● installation ● circuits de proximité ● restauration collective ● pépinière d’installation

Actions mises en œuvre

Introduction

L’Agenda 21 de la Métropole bordelaise affichait dès 2006 l’objectif de redynamiser l’agriculture périurbaine. C’est à partir de 2010 que la politique agricole de Bordeaux Métropole s’est véritablement enclenchée. En effet, cette année-là, le Rapport « Quévremont » a établi un bilan des actions à engager sur le territoire concernant l’agriculture. Il a été suivi en 2012 d’un diagnostic agricole réalisé par la Chambre d’Agriculture. Ceci a permis de poser les bases d’une politique agricole, qui s’oriente depuis autour de quatre axes principaux :

  • La préservation du foncier agricole
  • L’installation de nouveaux exploitants
  • La promotion de modes de production durables, dont l’agriculture biologique, et de commercialisation en circuits courts
  • La structuration de la gouvernance alimentaire.

FONCIER

Connaître et sauvegarder le foncier agricole via les documents d’urbanisme

Bordeaux Métropole travaille en partenariat avec la Chambre d’agriculture de la Gironde sur la préservation des secteurs agricoles, au sein du SCoT et du Plan Local d’Urbanisme intercommunal (PLUi) à valider en 2016, pour permettre l’implantation de nouveaux exploitants, en particulier des maraîchers.

Un travail statistique d’identification du potentiel foncier agricole réel du territoire, estimé autour de 7 000 hectares au total (soit un complément foncier théorique de 1.200 ha environ) a également été mené dans les perspectives de mobiliser ces terres au bénéfice des porteurs de projet en installation.

Le PEANP des Jalles

En 2012, le Département a créé un Périmètre de protection des Espaces Agricoles et Naturels Périurbains, le PEANP des Jalles, à la demande des communes concernées et de Bordeaux Métropole. Ce processus permet de protéger et revitaliser les espaces agricoles et naturels en déprise et sous pression urbaine. Le PEANP des Jalles s’étend sur 785 ha sur 6 communes au nord-ouest de Bordeaux : Eysines, Bruges, Blanquefort, Le Haillan, Le Taillan-Médoc et St-Médard-en-Jalles. Le site comprend une vallée maraîchère à l’est, parcouru par les jalles (des cours d’eau), et un site de captage d’eau potable à l’ouest – un espace avec une biodiversité remarquable. Par ailleurs, le secteur du PEANP intègre en partie le site Natura 2000 des Jalles, dont l’animation est également assurée par la Métropole.

Depuis février 2014, Bordeaux Métropole a été désignée comme l’opérateur local le plus cohérent pour porter l’animation des PEANP sur son territoire. Deux bureaux d’études ont travaillé sur un plan d’action pour le PEANP des Jalles, sous la direction du Département et de la Métropole, validé en 2015. Trois ateliers de concertation ont eu lieu en 2015 pour partager les enjeux prioritaires et définir les actions du programme d’action. Plus de 80 personnes ont à chaque fois participé : exploitants agricoles, propriétaires fonciers, communes, Bordeaux Métropole, Département, État, Région, associations, gestionnaires et autres.

Sur 10 ans (2015 – 2025), le programme d’actions se décline sur neuf axes et une trentaine d’actions qui s’inscrivent dans trois grands objectifs, afin de donner à la vallée maraîchère des Jalles une plus grande fonctionnalité et lui garantir un avenir en lien avec son environnement urbain :

  1. Redynamiser l’agriculture locale respectueuse de l’environnement,
  2. Protéger et restaurer les richesses naturelles de manière transversale,
  3. Créer des lieux de dialogue et faire connaître le site aux habitants.

L’association foncière citoyenne Terre de Liens, créée en Aquitaine en 2012, est devenue un des partenaires agricoles de la Métropole. Elle pourrait envisager, sur l’ensemble de l’agglomération, de devenir elle-même propriétaire foncier au service des exploitants, grâce à sa fondation nationale reconnue d’utilité publique.

Un travail de préfiguration d’autres PEANP métropolitains est mené en accord avec le Conseil départemental.

Veille foncière

La Métropole travaille avec la Société d’Aménagement Foncier et d’Établissement Rural (SAFER) depuis 2012 : les 28 communes et la Métropole bénéficient d’un suivi permanent des déclarations d’intention d’aliéner (DIA) dans le périmètre de préemption de la SAFER.

Un terrain de 86 ha a été acquis par la SAFER sur un site de marais, au bénéfice de la Métropole qui en deviendra propriétaire. Une étude est actuellement en cours pour identifier les possibilités de restauration hydraulique et écologique, ainsi que de valorisation agricole en lien avec le marais environnant (les terres étaient jusqu’alors en maïsiculture), avec l’ambition d’y accueillir aussi un espace dédié à la sensibilisation du grand public sur le marais.

INSTALLATION

Se saisir de l’enjeu de la transmission des exploitations

Un recensement des exploitations déjà existantes qui pourraient à court et moyen termes faire l’objet d’une transmission a été réalisé par la Chambre d’agriculture, en lien avec l’inscription en zone A (agricole) des terres agricoles dans le PLU, afin de leur conserver cette vocation dans la perspective d’installations ultérieures.

Deux couveuses agricoles pour accompagner les porteurs de projets

Bordeaux Métropole soutient la Fédération régionale des CIVAM (Centres d’initiative pour valoriser l’agriculture et le milieu rural) – FRCIVAM -, qui a initié avec sa société par actions simplifiée Gr.A.I.N.E.S (Graines d’agriculteurs innovants, nourriciers, entreprenants et soutenus) les deux premiers sites de couveuse agricole sur l’agglomération, permettant de professionnaliser les porteurs de projets en maraîchage.

Un guichet unique multi-partenarial sur l’installation

La chambre d’agriculture a créé dans ses locaux le nouveau « point d’accueil installation et transmission » (PAIT), qui a vocation à être le guichet unique des candidats à l’installation. Celui-ci est dorénavant partenarial, à l’initiative de la Métropole, et ainsi ouvert à d’autres acteurs des politiques d’installation agricole. À ce jour, une vingtaine de candidats à l’installation est suivie par les partenaires et la Métropole, pour des installations qui peuvent mettre en moyenne trois ans à aboutir.

Un groupe de coordination foncière sur l’installation

Un logiciel (Sintia) mis à disposition par la SAFER permet de suivre l’évolution des projets d’installation et les opportunités foncières. Un groupe de coordination multi-partenarial (Métropole, Chambre d’agriculture, SAFER et Département) a été initié autour de cet outil, afin de travailler conjointement avec les propriétaires fonciers et les candidats à l’installation pour mettre en phase leurs attentes respectives.

Une dynamique d’installation et des projets agricoles communaux

Plusieurs installations ont été réalisées, sur la vallée maraîchère et en dehors : 10 exploitants « aidés » (aides financières publiques) depuis 2011 et 20 non aidés, dont 8 sur des productions alimentaires hors viticulture. Un premier maraîcher en biodynamie s’est installé en 2014 sur la vallée.

Par ailleurs, des projets agricoles communaux voient le jour, comme à Blanquefort avec La Vacherie (installation d’un éleveur ovin et lieu de pédagogie) ou Villenave-d’Ornon (installation de deux éleveurs ovins et caprins).

STRUCTURATION DES DÉBOUCHÉS

Bordeaux Métropole soutient le développement des circuits courts de commercialisation, en favorisant une diversité d’initiatives, avec ses partenaires.

Du bio dans la restauration collective

La Métropole s’est associée à INTERBIO Aquitaine, association interprofessionnelle au service des opérateurs bio de la région Aquitaine, dans le cadre du lancement du label « territoire bio engagé » (TBE). L’association a réalisé un diagnostic global sur l’utilisation des produits issus de l’agriculture biologique dans la restauration collective publique de l’agglomération (Métropole, communes) et initié une dynamique afin de la développer et la conforter, avec les cuisines centrales et les services techniques. À ce jour le taux d’utilisation de ces produits est de près de 19 %, grâce à une très forte dynamique de quelques communes.

L’autre volet du label TBE concerne les surfaces agricoles cultivées en bio – une commune peut ainsi obtenir le label si 6% de sa SAU sont en bio.

Développement des AMAP et de la vente directe

Le partenariat avec la FRCIVAM a permis d’animer et développer les Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (AMAP) sur l’agglomération, au nombre de 35, avec la création du relais AMAP, et de mettre en place des marchés fermiers qui rassemblent de nombreux producteurs autour d’une journée d’accueil et de vente chez l’un d’eux, en particulier sur la vallée maraîchère.

La chambre a lancé de son côté le « drive fermier », doté de trois points logistiques sur le territoire de la Métropole (Eysines, Lormont, Gradignan), avec commande par internet de produits fermiers girondins et enlèvement hebdomadaire de la marchandise par les consommateurs.

Bordeaux Métropole a également lancé en 2014 une première édition de « Manger local, un guide des circuits courts », qui permet notamment de localiser les producteurs en vente directe, qui a très bien fonctionné auprès des habitants et sur le site internet de la Métropole. Une quarantaine de producteurs métropolitains ont accepté de figurer sur ce guide et renforcent ainsi leur vente sur place ou sur les marchés. Une troisième édition est en cours, à lancer en 2016.

Les modes de vente directe se multiplient, du producteur local au consommateur urbain, sous la forme également de magasins de « distribution directe », portés par des groupements de producteurs locaux, parfois en production conventionnelle, mais aussi issue de l’agrobiologie.

Une coopérative de producteurs bio locaux orientée vers le Marché d’Intérêt National (MIN de Brienne)

Afin de diversifier les modes de commercialisation en circuits courts, une nouvelle coopérative de producteurs locaux (Société coopérative d’intérêt collectif, SCIC Loc’Halle Bio) a été créée par la Métropole et un réseau de producteurs bio de Gironde et Aquitaine, sur le Marché d’intérêt national. Elle permet le retour sur ce marché des producteurs locaux et, pour la première fois sur un MIN, le démarrage d’une plateforme de commercialisation spécifique de produits locaux issus de l’agriculture biologique.

Gouvernance alimentaire

A la suite de son action en faveur de l’agriculture urbaine, Bordeaux Métropole vise à porter une démarche locale de gouvernance alimentaire, par ailleurs impulsée par l’État et les partenaires locaux. Elle a signé en 2015 le « pacte de Milan », engagement à développer des outils de gouvernance et des actions spécifiques, pour faciliter la mise en place d’un véritable « système alimentaire local », de la production locale et régionale aux habitants, consommateurs finaux, via les opérateurs économiques et sociaux locaux. L’objectif de la démarche, animée aujourd’hui par l’association IUFN (International Urban Food Network), est de constituer un Conseil consultatif de gouvernance alimentaire, porté par les élus. Ce Conseil vise à mettre en réseau tous les acteurs du système alimentaire afin de développer une politique alimentaire locale. Il définira des objectifs communs, en phase avec les orientations du pacte de Milan et adaptés aux problématiques et atouts du territoire, et proposera des méthodes et actions à mettre en œuvre. Bordeaux Métropole en est un acteur important, en tant que bassin de vie, elle proposera une action en propre, partiellement initiée et portée par différentes directions concernées, notamment celles du développement durable et de la nature.

AUTRES ACTIONS AUTOUR DE L’AGRICULTURE ET DE L’ALIMENTATION

Sensibilisation du grand public et des acteurs locaux

En octobre 2014, Bordeaux Métropole a accueilli et co-organisé en partenariat avec Bio d’Aquitaine et la FNAB une journée « Agriculture biologique : levier d’action pour un développement territorial durable ». Elle avait auparavant, en 2013, organisé une journée « Produire bio, c’est possible » en partenariat avec Arbio (aujourd’hui INTERBIO Aquitaine).

Dans le cadre des « Juniors du DD », des ressources pédagogiques sur la production et la consommation durables sont proposés pour sensibiliser les écoliers du territoire.

Sauvegarde des races locales

Le Conservatoire des races d’Aquitaine travaille un partenariat avec la Métropole et plusieurs communes. Il utilise des terres agricoles publiques ou privées pour sauvegarder, voire développer, des races locales (vache bordelaise, mouton landais, poule gasconne et autres).

Apiculture et jardins partagés

Bordeaux Métropole a élaboré une charte des jardins partagés (2015) et les développe sur son territoire.

Des terrains sont mis à disposition des apiculteurs amateurs, et un projet de « miellerie collective » est en cours de création, destinée aux apiculteurs amateurs.

Gouvernance

3 ETP sont dédiés à ces thématiques (1 sur Natura 2000, 1 sur le PEANP et 1 Agriculture urbaine et parcs urbains) au sein de la direction de la nature de Bordeaux Métropole. Trois élus sont en charge de ces dossiers : un vice-président « Nature » et une élue déléguée à l’ « Agriculture de proximité », ainsi qu’une élue sur les « Parcs urbains ».

La Métropole se positionne comme « chef de file » d’une nouvelle dynamique agricole sur son territoire, en concluant plusieurs conventions de partenariat avec les acteurs agricoles locaux, dont la légitimité est mieux reconnue dans le domaine : d’une part, avec la Chambre d’Agriculture de la Gironde, d’autre part avec des structures associatives et privées, intervenant dans des domaines spécifiques (agriculture biologique, couveuses agricoles…). Elle anime et coordonne les actions au sein de ce réseau de partenaires.

Monde agricole Collectivités Experts et organismes publics Population et associations
Chambre d’agriculture
SAFER
Arbio
FRCIVAM
Terre de liens
Conservatoire des races d’Aquitaine
Bio d’Aquitaine
Arbres et paysages 33
Conseil départemental 33
Conseil régional d’Aquitaine
Communes
Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt
Direction Départementale des Territoires et de la Mer
Agence Régionale de Santé
AEAG
Sepanso
Cistude nature

Dans le cadre de son évolution statutaire en « métropole », Bordeaux Métropole assume une délégation de compétences de la part du Département de Gironde, autour de l’élaboration du PEANP notamment.

Éléments financiers

Bordeaux Métropole co-finance de nombreux projets reliés à la thématique nature, agriculture et agro-alimentaire.

Le poste dédié au PEANP au sein de la Métropole est en partie financé par la Conseil départemental et l’Agence de l’Eau, celui dédié à Natura 2000 également.

Résultats

  • Une dynamique d’installation qui prend forme
  • Près de 19% de produits biologiques en moyenne dans les restaurants collectifs communaux et métropolitains
  • Une dynamique partenariale qui se structure
  • Une nouvelle formation de maraîchage a été créé par la Région suite à une concertation inédite (dans le cadre du PEANP des Jalles) de définition et de co-construction du contenu. Cette formation a été lancé en avril 2016 et s’appuie sur le réseau de professionnels locaux et de partenaires (dont la Métropole).

Facteurs de réussite

  • Implication politique forte et partagée des élus de Bordeaux Métropole.
  • Capacité de Bordeaux Métropole à travailler en transversalité et inter-services, notamment sur les questions de l’eau, du foncier et de l’installation.

Difficultés rencontrées

  • Difficulté à aborder l’agriculture biologique dans la zone du PEANP, conflictuelle, où la situation économique des agriculteurs, liée notamment au contexte périurbain, est difficile et les rend peu réceptifs à des changements de système tels que la bio.
  • L’installation en zone périurbaine requiert un profil très polyvalent (notamment en rapport avec la diversité des modes de commercialisation) qui peut s’avérer difficile à trouver chez les porteurs de projet.

Perspectives

  • De nouveaux PEANP pourraient être créés,
  • Un travail va être mené sur la vulnérabilité, mais aussi la valorisation, des terres agricoles situées en zone inondable,
  • De manière plus globale, la volonté est de formaliser l’intervention de la Métropole dans les secteurs agricole et alimentaire par l’élaboration d’une « politique agricole et alimentaire métropolitaine » ; elle permettrait d’accroître la lisibilité de l’action à mener, d’inscrire les partenariats dans un cadre plus durable et mieux défini, et d’établir plus de transversalité avec d’autres orientations stratégiques de Bordeaux Métropole (préservation de la trame verte et bleue, gestion du risque inondation et des milieux aquatiques, Plan Climat, Agenda 21 et autres).

Contacts

Alain DE FRAMOND ● Chef de projet parcs urbains et agriculture urbaine ● Bordeaux Métropole ● adeframond[at]bordeaux-metropole.fr

Ronja MATTMANN ● Chargée de mission et animatrice PEANP et ZPENS ● Bordeaux Métropole ● rmattmann[at]bordeaux-metropole.fr

Yves SUFFRAN ● Animateur Natura 2000 ● Bordeaux Métropole ● ysuffran[at]bordeaux-metropole.fr

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