Agriculture biologique,
Protection de l'eau et territoires

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Communauté de Communes du Plateau Picard

démo desherbage méca

La Communauté de Communes du Plateau Picard (CCPP) – au titre de sa compétence « protection de la ressource en eau » développe des actions agricoles et non agricoles afin de protéger ses captages. Les actions en faveur du développement de l’agriculture biologique font partie des axes suivis par la collectivité pour améliorer la qualité des eaux captées.

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Carte


Projet

Carte d'identité

Territoire

Communauté de communes du Plateau Picard ● 52 communes ● 30 000 habitants

Agence de l’eau Seine-Normandie (AESN) et Artois-Picardie (AEAP) au Nord du territoire (13 communes concernées) ● Région Picardie (60)

Superficie : 43 200 ha

 

Enjeu eau

Contexte réglementaire : captages prioritaires et Grenelle

Cadres d’action mobilisés : Aire d’Alimentation de Captage (AAC) ● Schéma d’Aménagement et de Gestion de l’Eau (SAGE)

Site Pilote Eau & Bio (2010)

Enjeu : reconquête de la qualité de l’eau potable (pesticides et nitrates)

Masse(s) d’eau concernée(s) : eau souterraine (aquifère calcaire)

Situation des communes desservies par les champs captants : à l’intérieur et en dehors des champs captants

 

Caractéristiques agricoles

Productions dominantes : grandes cultures

Surface agricole utile (SAU) : 35 560 ha dont 501 ha en bio (pour 6 agriculteurs bio), soit 1,4% de la SAU en bio

SAU sur le captage Grenelle : 2 640 ha dont 290 ha en bio (pour 1 agriculteur bio), soit 11% de la SAU en bio

 

Mots-clés

Animation agricole renforcée ● aides incitatives ● sensibilisation zéro phyto ● mise à disposition de matériel de désherbage mécanique

Actions mises en œuvre

INTRODUCTION

La politique de développement de l’agriculture biologique a commencé en 2000 par la signature d’un contrat rural – entre la Chambre d’Agriculture de l’Oise, l’Agence de l’eau Seine-Normandie et la Communauté de Communes du Plateau Picard – sur trois axes prioritaires: l’assainissement, la réalisation des conclusions du schéma directeur d’alimentation en eau potable et les actions agricoles. A la suite de ce contrat rural, un contrat territorial pour la protection de la ressource en eau a été signé en 2005, plus spécifiquement sur la préservation des milieux aquatiques et la sensibilisation des artisans (petites et moyennes entreprises / industries – PME et PMI). Depuis 2010, un programme quinquennal de reconquête de la qualité de l’eau cible la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires, à la fois dans le domaine agricole et non agricole.

ACCOMPAGNEMENT DES CHANGEMENTS DE PRATIQUES AGRICOLES

Conseil en protection intégrée

Le conseil en protection intégrée, mis en place depuis 2011 par la CCCP (marché renouvelé en 2014 pour une durée de 3 ans) vient en complément des mesures agro-environnementales (MAE territorialisées – MAEt – et MAE et climatiques – MAEC) (voir ci-dessous). En proposant ce conseil, la collectivité a un objectif double :

  • offrir aux agriculteurs une aide technique leur permettant d’honorer leur contrat MAET/MAEC (diminution des indicateurs de fréquence des traitements – IFT),
  • pérenniser les efforts réalisés par les agriculteurs durant les 5 ans de contractualisation MAE, en consolidant l’évolution de leurs pratiques.

Le conseil en protection intégrée – proposé gratuitement aux agriculteurs du territoire – comprend des réunions de suivi technique (choix des variétés tolérantes, choix des cultures intermédiaires pièges à nitrates (CIPAN), bilan de la campagne achevée, choix de la stratégie de désherbage à mettre en place…), des tours de plaines et une veille technique, le tout effectué par un technicien agricole expérimenté. De plus, un suivi environnemental est réalisé au sein de chaque exploitation.

Les agriculteurs intéressés s’engagent en signant une Charte intitulée « protection intégrée ».

Mise à disposition de matériel de désherbage mécanique

L’accompagnement des changements de pratiques agricoles passe aussi par la mise à disposition de matériel de désherbage mécanique (herse étrille et houe rotative) par la CCPP pour les exploitants se convertissant à l’agriculture biologique, avec un minimum de 20% de la SAU localisée dans l’une des AAC prioritaires et/ou Grenelle. Acquis par la CCPP, le matériel est également utilisé lors des démonstrations techniques.

Animation bio

Une animation bio est proposée par l’Agriculture biologique en Picardie (ABP) à travers

  • des journées d’informations et de sensibilisation,
  • des journées techniques (grandes cultures, légumes de plein champ, etc.),
  • un appui individuel (ex : via des conventions de parrainage d’agriculteurs en conversion par des agriculteurs biologiques, etc.).

DISPOSITIFS D’AIDES FINANCIÈRES

La CCPP est opérateur de projet MAET et MAEC depuis 2007. A travers ce dispositif, les agriculteurs s’engagent à réduire l’utilisation des phytosanitaires ou à passer en conversion à l’agriculture biologique.

Passés

Dans le cadre du Programme de Développement Rural Hexagonal (PDRH 2009-2014), des MAEt conversion à l’agriculture biologique couplée à une limitation de la fertilisation azotée ont été ouvertes. Ce couplage a permis de bonifier sensiblement le niveau des MAE classiques : de 200€ par ha et par an (pour les cultures céréalières), il est passé à 313€ pour la conversion.

En cours

En 2015, dans le cadre du Programme de Développement Rural Régional (PDRR), sont proposées des MAEC sur 4 Bassins d’Alimentations de Captage (BAC) du territoire, principalement orientées vers la diminution des produits phytosanitaires (herbicide ou hors-herbicide).

Des mesures bio existent toujours et sont ouvertes pour tous les agriculteurs du territoire, compris ou non dans un BAC.  Elles s’élèvent à 300€ par ha et par an en conversion pour les grandes cultures. Cependant, en fonction des régions, les plafonds peuvent varier ainsi que les conditions d’accès à l’aide au maintien.

STRUCTURATION DES DÉBOUCHÉS

Renforcer le marché biologique passe également par le développement des débouchés :

  • une Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (AMAP) a été créée via les Jardins du Plateau Picard,
  • une coopérative d’alimentation biologique pour le bétail (Novial) est présente,
  • un marché de producteurs biologiques et/ou locaux (fruits/légumes, viandes, escargots, pommes…) a été créé par la CCPP (une fois par mois) et réunissent les producteurs locaux.

 ACTIONS NON-AGRICOLES

Sensibilisation et communication

Des actions sur les interactions agriculture biologique/alimentation ont vu le jour ponctuellement depuis 2010 : des ateliers de cuisine biologique (apprentissage de recettes bio tout en respectant un budget abordable), des manifestations dans le cadre de la semaine régionale de l’environnement (en lien avec le Conseil régional) :

  • ciné-débat avec projection du film « Solutions locales pour un désordre global » de Coline Serreau,
  • conférence animée par l’agro-écologue Georges Toutain,
  • des ateliers de jardinage sans pesticides,
  • une semaine de sensibilisation sur l’impact des produits phytosanitaires.
Zéro phyto

Cette action touche diverses cibles : les écoles par le biais de jardins pédagogiques, les jardiniers amateurs par la mise en place d’ateliers de jardinage et les collectivités par la sensibilisation des élus et la formations des agents d’espaces verts (réunions d’information, plans de désherbage).

Gouvernance

Monde agricole Collectivités Experts et organismes publics Association
ABP
Chambre d’Agriculture
Coopératives (Novial et Agora)
Communauté de communes
Ville de St Just
Conseil Régional de Picardie
AESN
Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole
Chambre du commerce et de l’industrie de l’Oise
Association des jardins du Plateau Picard

 

 

Éléments financiers

Divers financeurs peuvent intervenir pour la mise en place de ces actions : les Agences de l’Eau, la Région et la Communauté de communes.

  • Les MAE sont financées en totalité par les Agences de l’Eau, la Région, le Fonds Européen Agricole pour le Développement Rural (FEADER) et l’État
  • Le matériel de désherbage a été acheté par la CCPP.
  • Le Conseil en protection intégrée est financé par les Agences de l’Eau à hauteur de 70% sur le montant hors taxes et le reliquat est pris en charge par la CCPP.
  • Les actions non-agricoles organisées via des programmes type « Semaines Régionales pour l’Environnement », l’Oise Verte et Bleue, etc., sont financées par le Conseil Départemental, le Conseil Régional, l’Agence de l’Eau.

Résultats

  • Passage de 0,5% à 1,4% de la SAU en bio entre 2010 et 2014 sur le territoire de la CCPP, et de 5% à 11% sur le captage Grenelle.

Facteurs de réussite

  • Antériorité de l’action sur les pollutions de l’eau d’origine agricole (depuis 1999).
  • Présence d’un animateur « protection de la ressource en eau » et « agricole » depuis 2009 au sein de la communauté de communes.
  • Dialogue privilégié entre la collectivité et une cinquantaine d’agriculteurs engagés dans des MAEt depuis 2000.

Difficultés rencontrées

  • De nombreux préjugés concernant l’agriculture biologique sont encore ancrés dans ce territoire très agricole à dominante grandes cultures, notamment concernant la fiabilité économique de ce mode de production.
  • La peur de l’inconnu et du regard des autres sont des freins bien présents sur ce territoire.

Perspectives

  • Promouvoir la structuration des filières courtes (filière bois/énergie, maraichage bio pour la restauration hors domicile) ou longues (la coopérative NORABIO souhaite créer une station de stockage et de conditionnement de légumes bio de pleins champs sur le territoire de la CCPP).
  • Poursuivre la sensibilisation des communes au « zéro phyto » pour la gestion de leurs espaces verts.

C’est à refaire

  • Réalisation d’un conseil agricole en prestation de service avec un technicien expérimenté. Le Conseil en protection intégré peut être reproduit sur d’autres territoires en l’adaptant plus spécifiquement à l’agriculture biologique.
  • Réalisation d’un marché mensuel des producteurs, lien entre la population et le monde agricole d’un territoire. C’est un moyen idéal pour promouvoir et consommer les produits du terroir, bio quand cela est possible

Contacts

Fanny BARRE ● Chargée de mission Eau, Agriculture et urbanisme ● Communauté de communes du Plateau Picard ● f.barre[at]cc-plateaupicard.fr

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